Les Dépêches de Brazzaville



Exposition : hommage au photographe congolais Maurice Pellosh à Paris


Exposition de Pellosh à Paris, Les 3 sœurs Pointe-Noire  1976, une des 50 œuvres sélectionnéesDu lundi 31 mai au dimanche 6 juin 2021, l’Espace Beaurepaire - Paris X recevra l’exposition de Maurice Bidilou, dit Pellosh, passionné de la photographie à laquelle il consacrera sa vie entière. C’est une première pour le photographe congolais qui ouvrit son studio à Pointe-Noire, fin 1973, après avoir été photographe ambulant de village en village, proposant ses services et développant ses films la nuit, dans la case du chef, puis tirant les portraits à l’aide de sa lampe à pétrole « Luciole » et de son châssis. Ses négatifs n’avaient, jusqu’à présent, jamais quitté le Congo.

De 1973 jusqu’au milieu des années 1990, Pellosh voit défiler dans son studio toutes les strates de la société : fine fleur ponténégrine, familles, joyeux drilles, sapeurs, travailleurs, couples d’amoureux, tous désireux de se faire tirer un portrait.

La cinquantaine de clichés en noir et blanc, sélectionnés avec rigueur et passion, ont été pris en brousse, dans les villages du massif du Mayombe, en studio et en extérieur à Pointe-Noire ; ils constituent un témoignage exceptionnel de ce que fût la société congolaise après la colonisation et révèlent la patte unique et sensible d’un portraitiste de talent, doté d’un regard bienveillant et généreux.

Le commissaire de l’exposition, Emmanuelle Béthery a écrit de cette exposition : « Rendre hommage au travail de Pellosh, véritable mémoire vivante, était devenu une priorité, un devoir. Redonner vie à ces clichés devint alors une nécessité ».

C’est fin 2019 qu’Emmanuelle Béthery croise, pour la première fois, la route de Pellosh à Pointe Noire. Elle est immédiatement conquise par sa personnalité et les photos jaunies et dentelées, qu’il lui présente comme autant de témoins fragiles et émouvants d’une époque joyeuse et révolue.

Elle revient rapidement au Congo, munie d’un négatoscope et exhume en compagnie de Pellosh, dans la moiteur d’une énième saison des pluies, des montagnes de boîtes Kodak rongées par l’humidité, contenant des milliers de négatifs 6x6 : surgissent alors du passé des cohortes de visages, jeunes et moins jeunes, des regards d’amoureux, des visions incroyables de sapeurs...

Persuadée d’avoir réveillé du passé des pépites artistiques et historiques, Emmanuelle Béthery rentre à Paris et commence alors, pour cette «dénicheuse de talents », comme elle aime à se définir, un long travail de restauration, d’archivage et de sauvegarde des négatifs retrouvés dans le studio, parfois grignotés par les termites et souris et soumis aux rigueurs du climat tropical depuis, plus de 40 ans.

Cette exposition, fruit de ce travail d’envergure, est un formidable hommage rendu à Pellosh et à son talent !


Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Photo : Exposition de Pellosh à Paris, Les 3 sœurs Pointe-Noire 1976, une des 50 œuvres sélectionnées Crédit photo : Pellosh