Musique : Kimpa Vita version reggae bantou !
C’est une certitude à écouter Bosch, on sent qu’il maîtrise le sujet, partie intégrante de sa culture bantou, et qu’il lui tient à cœur. Car l’homme aime à explorer les racines pour les faire jaillir à la lumière et s’interroger sur l’ancestralité parce que « C’est important de savoir d’où l’on vient pour savoir où aller », dit-il. Alors forcément, Kimpa Vita, prophétesse qui lutta à la fin du XVIIe siècle pour la réunification du Royaume Kongo, militant par ailleurs contre la colonisation portugaise et contre la traite esclavagiste, ne pouvait qu’inspirer Bosch pour qu’il lui rende en chanson un hommage appuyé. On n’en oublie pas pour autant que d’autres hommages furent rendus à Kimpa Vita en danse contemporaine, au cinéma, en littérature ou en peinture ; que ce soit par le célèbre chorégraphe Delavallet Bidiefono à travers la danse, par le réalisateur Ne Kunda Nlaba avec le documentaire « Kimpa Vita : la mère de la révolution africaine » ou encore par Magloire Mpembi Nkosi, auteure du roman « Kimpa Vita, la fille de Ne Kongo ». Kimpa Vita est aussi représentée à Brazzaville sur la Fresque de l’Afrique, appelée « Le peuple parle au peuple », œuvre réalisée en 1970 et signée par quatre artistes peintres congolais. Si quelques orchestres d’ici et là ont déjà célébré la légendaire Kimpa Vita en musique, la version en reggae bantou des Conquering Lions offre une nouvelle fenêtre pour le moins originale sur la Jeanne d’Arc congolaise. Vous brûlez [Pardon] sans doute déjà d’envie de découvrir ce titre, promis à être l’un des morceaux phares du répertoire de Conquering Lions au Festival Ponton Miziki sur la Côte sauvage de Pointe-Noire où se produiront de nombreux artistes nationaux et internationaux, et vous avez raison. C’est à ne pas manquer.
Philippe Édouard Légendes et crédits photo :Photo: Patrick Bikoumou sur scène/Adiac |