Les Dépêches de Brazzaville



Souvenirs : « Eau bénite », une chanson qui cartonne encore


Le président de l’orchestre Bana OK et de sa fondation éponyme a, non sans raison, fait recours à l’eau bénite, eau utilisée pour la purification du corps et de l’esprit chez les chrétiens catholiques - mais pas seulement - pour rappeler les paroles de ce tube très entraînant.

L’auteur, Simaro, Simon Lutumba Ndomanueno de son vrai nom, y évoque sous forme de conseils directs à l’être aimé, qui aurait été à l’origine du déchirement de cette relation parce qu’elle en aurait aimé un autre, qu’il accepte leur rupture. Il explique à cette dernière que c’est pour lui permettre de mieux vivre sa relation avec le nouvel élu de son cœur qu’il préfère se retirer. Cela, sans permettre à la jalousie de l’aveugler. Il préfère lui redonner sa liberté afin qu’elle vive librement sa relation et ce en dépit du fait qu’il est conscient du déchirement d’une femme dont il sait le cœur partagé entre deux hommes.

Lutumba Simaro Masiya a chanté et continue du haut de ses 76 ans à chanter l’amour avec réalisme, douceur et sincérité. Le refrain l’indique : « Boma mayi na yo ya miso…. » (éponge tes larmes). Purifie-toi avec le sang de mon cœur saignant. D’une manière subtile et poétique surtout (nous noterons que le poète chante l’amour à la fois avec respect et sensibilité), l’artiste puise dans un registre qui n’est pas souvent celui dans lequel puisent les cœurs blessés. Respect et dignité, pas de rancœur ni de haine.

Et ce n’est d’ailleurs pas la seule chanson où Simaro épate avec son timbre de voix si unique. Lutumba Simaro Masiya a eu l’immense joie de composer pour lui-même mais aussi pour d’autres. L’un des exemples exaltants que l’on se remémore pour vous est la chanson Oféla, interprétée par l’illustre Madilu Système. Du poète, on citera en plus Maya en 1984, Cœur artificiel chanté avec d’autres ténors de la chanson congolaise comme Pépé Kalé et Carlito Lassa… Et, surtout, comment  oublier Testament ya Bowule, par exemple, un tube qui en a fait pleurer plus à sa sortie, en 1986 ! Ou Mabélé encore interprété par un homme fort de la rumba d’antan, Sam Mangwana, et bien d’autres souvenirs….

Nous ne refermerons pas cette rubrique sans parler de ce qu’a été l’homme, même de manière brève, qui n’a pas seulement brillé par ses chansons mais aussi pour son talent de guitariste, d’où le plein mérite de son surnom de poète. Par ailleurs, l’ami fidèle de Franco a passé en effet 37 ans de sa carrière au sein du Tout-Puissant OK-Jazz, orchestre cher au regretté Luambo Makiadi. Il ne s’en est détaché qu’en 1994 après une sincère dévotion à ce groupe pour créer son propre label Bana OK. Ce, toujours avec un brin de reconnaissance et de nostalgie parce que pour la traduction ce sont « Les Enfants d’OK-Jazz » qu’il met à cette époque en route !

À bientôt pour d’autres moments de détente et de réminiscences musicales !


Luce-Jennyfer Mianzoukouta