Voir ou revoir : « Le barrage » d'Ali Cherri
Prendre possession de son imaginaire et le dominer en vue de dépasser sa condition, telle est la stratégie politique que cherche à promouvoir ce film. Il adopte pour cela une esthétique de type expérimental, notamment à travers une lenteur des plans, une quasi-absence de dialogues et une approche contemplative ; qui sans couper la fiction d’un large public, l’esthétique s’assume en tant que proposition d’expérience, nouvelle ou déjà vu à l’endroit du cinéphile. Dans le cadre d’une salle de cinéma, espace clos et obscur nécessitant l’attention aux détails et la concentration sur le sens, le spectateur est invité à accepter un certain voyage afin d’entrer dans une démarche proche de la méditation, en rupture avec le flux actuel des images multi-écrans. « Le barrage » a été tourné à proximité du barrage de Merowe, bâti par les Chinois au Nord Soudan et le réalisateur explique la manière dont ce type d’infrastructures « peut être un projet destructeur, qui a entraîné l’expulsion violente de ceux qui habitaient à proximité, les Manasir, et qui matérialise la brutalité de la dictature de l’ex président du Soudan de 1989 à 2019. C’est également un ouvrage catastrophique en termes d’environnement ». C'est le troisième film d’Ali Cherri, après les courts métrages « The disquiet » réalisé en 2013 et « Al haffar » sorti en 2015. Le casting de sa dernière œuvre regroupe notamment des acteurs comme Maher El Khair, Mudathir Musa, Santino Aguer Ding. Merveille Jessica Atipo Légendes et crédits photo :L’affiche du film/DR |