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Et le vrai visage du secteur informel…

Lundi 15 Avril 2024 - 16:37

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L’observation attentive des petites activités productrices d’emplois dans de nombreux centres urbains et semi-urbains montre que le secteur informel est l’un des maillons incontestables dans le processus de la recherche par des jeunes d’une situation intermédiaire de leur première insertion socio-économique. Car ce secteur leur permet de vite sortir de la dépendance économique et financière auprès des parents. Mais le vrai problème, c’est celui de la conclusion des contrats qui n’existent presque pas.     

Que l’on veuille ou non, l’informel s’impose comme un secteur vital qui permet aux nombreux jeunes de s’auto-prendre en charge. Mais la façon dont ils sont traités laisse à désirer. Leur rémunération, par exemple, atteint rarement le Smig, et ils sont licenciés du jour au lendemain selon l’humeur du propriétaire de la structure, encore qu’ils ne sont jamais enregistrés et immatriculés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

L'informel participe pourtant au processus d'urbanisation tous azimuts, en offrant des emplois à un flux de nouveaux urbains, au prix d'une productivité parfois quasi-faible et/ou performante. Il est le principal pourvoyeur d'emplois, regroupant entre 45 et 75 % de l'emploi urbain pour des jeunes gens à la quête de leur première insertion socio-professionnelle.

Un jeune qui se réveille chaque matin pour se rendre dans une cabine téléphonique, au comptoir d’une boîte de nuit ou d’une buvette, au volant d’un taxi, dans un parking de lavage de voitures, etc., appartient à ce secteur d’activités dites informelles dont l’embauche ne tient jamais compte d’un quelconque contrat, encore que les tenanciers de ces activités ne versent jamais les droits à la CNSS pour une éventuelle retraite.

Le visage caché de ce secteur est que, comme il n’est pas officiel et formel, des jeunes gens qui y exercent subissent une injustice qui ne dit pas son nom. Il y a une semaine de cela, un jeune qui a exercé pendant près de treize ans dans un grand débit de boissons de la place venait d’être remercié sans d’autres mesures, car il n’avait pas de contrat et n’avait jamais été immatriculé et enregistré à la CNSS. Le propriétaire du bar n’a jamais pensé à le faire. Et pourtant, ce grand bar a bel et bien une durée certaine dans le temps et emploie près d’une trentaine de personnes.

Vu la précarité de l’informel, le personnel qui y travaille est mis comme dans un engrenage sans suite. Il est urgent qu’un ordre soit mis dans ce secteur afin qu’il se transforme en groupe d’activités formalisées pour donner du sourire à tous ceux qui y travaillent.

Affaire à suivre !  

 

Faustin Akono

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Édition Quotidienne (DB)

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