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Episode 4

Samedi 2 Février 2019 - 19:44

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Que la Cour pénale internationale (CPI) ait confirmé, vendredi, la libération de l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, et de son fidèle soutien, Charles Blé Goudé, n'a rien qui puisse vraiment surprendre.

Même si elle est assortie de dispositions pour le moins complexes concernant les conditions de cette double remise en liberté, cette décision a confirmé ce que l'on savait depuis longtemps, à savoir que les enquêtes de la CPI n'ont pas permis de prouver la responsabilité des deux accusés dans les crimes contre l'humanité qui leur étaient imputés. Mais elle a permis également de mesurer la gravité des erreurs commises par la procureure générale de la Cour, Fatou Bensouda, et l'incapacité des juges de La Haye à mettre de l'ordre dans la procédure judiciaire ainsi engagée.

L'épisode 4 que nous vivons dans le moment présent ne se limite donc pas au retour probable et rapide de Laurent Gbagbo à Abidjan tout comme cela s'était passé, il y a quelque mois, pour Jean-Pierre Bemba à Kinshasa. Il devrait, en bonne logique, déboucher sur la mise en question des méthodes et donc des personnes du tribunal de La Haye. Autrement dit sur un épisode 5 qui, lui-même, changera de façon radicale - du moins faut-il l'espérer -  les procédures pour le moins étonnantes  appliquées par cette institution.

Comment, en effet, pourrait-on admettre, supporter à l'avenir, qu'un homme soit emprisonné sept longues années durant, soumis à des enquêtes successives qui n'apportent aucune preuve, écarté de son pays et incarcéré dans une geôle étrangère, blessé moralement et physiquement ainsi que sa famille sans qu'à l'issue d'une telle épreuve, la CPI elle-même soit réformée pour que de tels errements ne se reproduise pas ?

La morale, la raison, la justice elle-même plaident en faveur d'une telle action. C'est pourquoi, il revient maintenant aux Etats membres de mener jusqu'à son terme et dans les plus brefs délais la réforme qui rendra de nouveau crédible la CPI. Voyons donc si des voix autorisées se feront entendre dans les heures à venir pour plaider en faveur de cette action de simple bon sens.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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