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Faire la paix n'est jamais facile

Dimanche 1 Juillet 2018 - 17:56

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Ce bout de phrase fort de représentations a été prononcé, le 28 juin, par Todd P. Haskell, dans les vastes jardins de la mission diplomatique qui l’accueille à Brazzaville, depuis une année, en qualité d’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Congo. A César ce qui est à César, donc.

Devant un parterre d’invités venus de presque toutes les administrations publiques et privées de la place de Brazzaville qu’il avait associés à la célébration du 242e anniversaire de son pays, le diplomate américain a eu ces mots en référence à la situation intérieure du Congo. En particulier concernant la signature, le 23 décembre dernier, à Kinkala, chef-lieu du département du Pool, de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités entre le gouvernement congolais et le pasteur Ntoumi. Pour lui, comme pour bien d’observateurs qui scrutent le cours des événements au Congo, cet accord est un pas important dans le retour et la consolidation de la paix. Pour dire combien le facteur paix est primordial à la fois pour les enfants du pays et pour leurs hôtes.

Comme s’il voulait aussi faire comprendre qu’il faut aller au-delà de l’accord en le préservant, s’inspirant sans doute de l’histoire de son propre pays, qui a connu des moments pénibles à ses débuts, Todd P. Haskell a rappelé qu’il faut beaucoup de courage et de sagesse pour parvenir au résultat. Le processus en cours dans le Pool, justement, demande que les parties s’arment de courage, en même temps qu’elles s’entourent de sagesse pour ne pas remettre en cause ce qui a été obtenu après tant de péripéties douloureuses. Du courage pour savoir se dépouiller du monstre de la rancœur, de la sagesse pour ne pas perdre patience avant l’heure.

Depuis, en effet, la signature de l’accord de Kinkala, d’après les rapports que l’on tient des acteurs de sa mise en œuvre, un long chemin a été parcouru. Ils insistent aussi pour dire que beaucoup reste encore à faire, mais ajoutent que l’une des matières du débat, présentée naguère comme un obstacle à la pacification, à savoir la présence jugée en nombre des éléments de la Force publique, a trouvé son épilogue. Des militaires, gendarmes et policiers déployés au plus fort des événements dans le Pool auraient rejoint les casernes. Ils ajoutent sur le même point que reste l’enclenchement de l’opération de ramassage des armes dans les termes prévus par l’accord.

Il est donc un moment d’attente qui peut paraître long, susciter la controverse, débrider les espoirs nés de cet accord et des déclarations hautement pacifistes entendues le jour de son dévoilement au grand public devant la presse. Le chemin à emprunter, pour garder l’espoir, devrait donc être celui de poursuivre la construction des ponts entre les signataires ; des ponts qui permettront de lever les barrières de toutes sortes qui ont été érigées par l’ampleur des violences morales et physiques subies de part et d’autre.

N’est-ce pas que le diplomate américain parlait juste quand il expliquait que faire la paix demande courage et sagesse ? N’est-ce pas aussi juste quand il ajoutait que « les sages érigent des ponts » et « les insensés enlèvent des barrières » ?  Bien sûr qu’il faut du courage et de la sagesse par ces temps de crise où les priorités se disputent les places dans un univers rétréci qui n’en offre que très peu.

Gankama N'Siah

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