Le feuilleton de Brazzaville. Acte 15. La taille et le poids de chacun

Jeudi 3 Octobre 2019 - 20:41

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Combien Brazzaville compte-t-elle d’habitants aujourd’hui ? Les derniers chiffres tirés des statistiques disponibles à l’hôtel de ville et à la préfecture font état d’environ un million huit cents hommes et femmes de tout âge. Un peu plus du tiers de la population totale du pays, estimée, elle, à quelque cinq millions deux cents âmes. Dans cette fourchette ne sont pas dénombrés les étrangers, de plus en plus nombreux, qui ont choisi le Congo comme seconde patrie.

 

Mis à part les ressortissants du Congo Kinshasa voisin dont le contrôle est rendu difficile du fait de la proximité et aussi de liens de parenté inaltérables, de toutes les communautés étrangères habitant Brazzaville, celle d’Afrique de l’ouest est de loin la plus nombreuse. Et aussi la plus active dans le secteur du commerce. Maliens, Béninois, Sénégalais, Mauritaniens, Guinéens sont dans le commerce général des matériaux de construction, des téléphones portables, de l’automobile, des vêtements, de l’alimentation, de la pêche, de l’esthétique, de l’intérieur, du garnissage, du nettoyage de véhicules ou encore de la cuisine et de la restauration. 

Sur ce dernier point, ils ne se limitent pas à la vente d’ustensiles de cuisine. Ils proposent leurs propres spécialités faites de viande de bœuf hachée ou de mouton grillée sur barbecue. Leurs restaurants ou ce qui en tient lieu sont des sortes de MC Donald où l’on peut acheter de la nourriture à emporter sans prétendre bénéficier du même confort d’emballage. Ils parlent le lingala et le kituba, les langues véhiculaires du Congo et sont pour la plupart parfaitement intégrés. On estime qu'ils rapatrient chaque année, vers leurs pays d'origine, d'importantes sommes d'argent. Nombreux, pour s’être établis depuis de longues années au Congo, ont acquis la nationalité. Appelez à une grève des commerçants ouest-africains, Brazzaville mourra de faim.

Les ressortissants d’Afrique de l’ouest franchissent les frontières congolaises par petits groupes, leur nombre augmente sans cesse, sans que l’on sache si sur les voies qu’ils empruntent pour passer les ports et aéroports, le moindre contrôle y est exercé. On fait état de passe-droits et de parapluies qui assureraient plus que le couvert pluvial à certains resquilleurs. À cette communauté ouest-africaine intensément travailleuse, s’ajoute la communauté libanaise. Dynamique et la première dans les grosses affaires : transport aérien, électronique, électroménager, ameublement, naguère travaux publics et ces derniers temps restauration, chambres froides, super marchés et blanchisserie.

Pour ne pas dire qu'au Congo, le secteur des services est largement tenu par la dynamique communauté étrangère. Il n'y a pas lieu d'en rougir tant que les plus entreprenants respectent la réglementation nationale, tant que les nationaux eux-mêmes se perdent en spéculations parfois improductives. 

 

Jean Ayiya

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