Le feuilleton de Brazzaville. Acte 3. Mouches rebelles

Jeudi 13 Juin 2019 - 21:30

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A tous égards, les Brazzavillois restent nostalgiques de la splendeur que respirait la capitale de leur pays il y a de cela trois, voire quatre décennies. Alors de petite taille, Brazzaville était, en effet, toute verte, coquette, presque écologique.

Les tas d’immondices irrespirables jonchant plusieurs endroits de la ville étaient introuvables, les services d’hygiène fonctionnaient à merveille, les services des voiries vidangeaient les waters systématiquement, le transport en commun était respectueux de ses usagers, les salles de cinéma bondées, les rues moins boueuses, les cours des écoles publiques toujours animées accueillaient le « Mwana foot », le football des jeunes amateurs du ballon rond.

Quand on s’alimentait en plein air, on affrontait moins les colonnes de mouches récalcitrantes comme cela est le cas de nos jours. Pour cette époque-là, à juste titre, Brazzaville méritait bien de s’appeler de son nom magique de Brazza-la-verte. C’est bien tout autre chose aujourd’hui.

L’espoir est-il pour autant perdu ? Non, sans doute, si l’on s’en tient à la petite métamorphose commencée depuis un moment qui a bien évidemment été perturbée par la longue crise économique qui sévit dans le pays. Tentez de lire dans la pensée des Brazzavillois, interrogez-les, ils vous diront vouloir que toutes les rivières qui traversent leur capitale ressemblent à la Madoukoutsékélé dégagée sur un bon périmètre de ses abords infestés et puants.

Grâce aux travaux entrepris le long de ce cours d’eau situé au cœur de la ville, il y fait bon vivre. Dotée de deux voies passantes et de lampadaires, Madoukoutsékélé a ouvert la voie au développement de petites affaires juteuses qui permettent à ceux et celles qui s’y investissent d’arrondir les fins de mois.

Ce qui n’est pas gagné, en revanche, c’est l’attitude des riverains. Ils peinent pour la plupart d’entre eux à s’accommoder de cet élan d’assainissement. Si bien que le lit assaini de la rivière est redevenu, à une chose près, celui de toutes les décharges des ménages.

Lorsqu’on les tance sur leur propension à l’incivisme, ces riverains montrent du doigt l’absence des services de voiries. A juste titre ? Après l’expérience peu concluante de ProBrazza, la société Averda n’essaye-t-elle pas, bon an mal an de donner le meilleur d’elle-même ? Au jugement, chacun le sait, les Congolais sont globalement sévères. Les Brazzavillois encore plus.

Aux autorités en charge du coûteux chantier de modernisation de Brazzaville de poursuivre l’effort sans relâche ; aux administrateurs de la ville et aux opérateurs privés de ne pas demeurer à court d’idées.

Jean Ayiya

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