Le feuilleton de Brazzaville. Acte 4. Le meilleur maire (2)

Jeudi 27 Juin 2019 - 21:50

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Les bus de la Société des transports de Brazzaville-STB-, achetés auprès du constructeur espagnol Pegaso (Empresa nacional de auto camiones, SA), faisaient la fierté des habitants de la capitale congolaise, surtout des élèves et étudiants.

Ceux d'entre ces élèves et étudiants, dont les parents avaient la poche un peu garnie, pouvaient souscrire un abonnement d’un mois, voire plus. Ils empruntaient le bus pour se rendre à l’école, à l'université ou aux quatre coins de la ville en présentant leur ticket au contrôleur.

La course, très moins chère, facturée à seulement 50 FCFA, était, cerise sur le gâteau, presque touristique puisqu’elle vous emmenait où vous vouliez. Le maire de la ville est alors Gabriel Emouengué. Retenons que les Brazzavillois ont la langue pendue et la dérision ne leur fait pas défaut.

Voici, en effet, comment ils sont parvenus à détourner le nom Pegaso estampillé sur les bus qui leur assuraient du bonheur en termes de circulation dans la capitale : « Pendant qu’Emouengue Gaspille l’Argent Sassou Observe ». Ce fut peut-être pour rire.

A vrai dire, tout se passait bien. Les Brazzavillois admiraient leurs autobus, ils regardaient surtout avec curiosité l’unique femme qui conduisait les imposants engins de la STB. On l’appelait « Mama ya Lézin », le nom de son fils. Les bonnes choses ne durent pas, dit l’adage. La société a commencé à battre de l’aile avant de devenir l'ombre d'elle-même et péricliter.

On dénonçait alors, "sans y apporter la moindre preuve", se defendaient ceux qu'on montrait du doigt, la multiplication des carnets de bons par des réseaux souterrains implantés au sein de la STB-STUB. La société était réduite à sa portion congrue, le gros des carnets commandés étant géré par ces réseaux mafieux. Une fois l’entreprise passée de vie à trépas, le commun de ses travailleurs s'est mis à réclamer à l’Etat, employeur infatigable, indemnités et récompenses de fin de travail.

Carnets multipliés, tickets falsifiés, les Congolais regardent aujourd’hui du côté des postes à péage installés le long des principales routes nationales. Ils soupçonnent que ne se mettent en place des manipulations de l’époque de la STB-STUB.

- Où sont les preuves ?, leur rétorque-t-on souvent.

- A la fin de l’histoire; les preuves seront produites à la fin de l’histoire, répondent ceux qui sont accusés de délation. Comme s'ils se rappelaient le propos du philosophe allemand, Karl Marx, qui disait: " A la fin de l'histoire tout homme sera poète". En l'occurrence, celle de la nouvelle Société de transport public urbain-SPTU- qui dessert bon an mal an les artères de Brazzaville ne fait que commencer. 

Jean Ayiya

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