Le feuilleton de Brazzaville. Acte 5. Youlou, Opangault, Ngouabi

Jeudi 4 Juillet 2019 - 21:15

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On ne peut pas dire Brazzaville sans évoquer les figures et les places qu’elle célèbre. Voyons à quoi tout cela retourne dans cette ville qui n’a pas la mémoire courte. ​

L’abbé Fulbert Youlou a officié le premier à l’hôtel de ville avant de devenir Premier ministre puis premier président de la République du Congo. Sur le rond-point de la mairie centrale, le monument en bronze qui lui est dédié, le présente en soutane dans cette image d’Épinal qu’il a construite pour longtemps en référence à son passé de curé.   

A quelque distance de là, se dresse celui de son ami et adversaire politique intime, Jacques Opangault. L’ex-chef du gouvernement d’union nationale constitué au lendemain des élections législatives qui suivirent la mise en application de la loi-cadre du ministre français chargé des colonies, Gaston Defferre, pose tiré à quatre épingles – canne, gants et redingote –, place de la Grande-Poste.

Dans un tout autre cadre, devant la place dite du Sacrifice suprême, dans ce treillis qu’il affectionnait tant, le commandant Marien Ngouabi fixe à bonne distance, de son regard empreint de franchise, la résidence qu’il occupa durant ses neuf années passées à la présidence du Congo entre 1968 et 1977. Sans doute regarde-t-il bien au-delà, en direction du majestueux fleuve Congo sur les berges duquel il déroula un long et exaltant moment de sa vie publique. Comme s'il s'apprêtait à embarquer pour Pointe-Noire, chez lui, François Tchictelle, plutôt " sapeur" comme on sait le faire au Congo, regarde vers l'aéroport de Maya-Maya depuis le rond-point de l'avenue Loutassi qu'il domine de sa forte stature. 

Brazzaville a ajouté à cette quête de la mémoire d’autres symboles : la colonne de l’Indépendance au rond-point de la Coupole ; le monument de la Liberté, place de la Gare ; une colombe, symbole de la paix retrouvée, rond-point de Poto-Poto; un obélisque, rond-point de Moungali.

Au centre-ville, le palais de l’Artisanat, construit à l’époque coloniale, a disparu, et l’on peut se contenter, pour le souvenir et la beauté de l’œil, de cette fresque qui orne, à l’endroit même où fut bâti le palais, la devanture de l’immeuble en verre des Assurances et Réassurances du Congo. Cette fresque « représente l’histoire du Congo depuis la période précoloniale », rapporte Brazzaville-la-Verte, un ouvrage édité en 1996 dans le cadre de la coopération franco-congolaise, qui inventorie l’architecture coloniale entre 1880 et 1960.

Il faut ajouter à cette fresque de bonne facture, signée de la main de grands noms de la peinture congolaise, le monument Bâ, ou l’esprit des pharaons, venu de la mythique Égypte, et dont, souvent, d’aucuns se demandent quel message il porte. Les experts veulent y voir le dialogue des cultures, le Bâ étant, expliquent-ils, un don de l’Égypte au Congo pour consolider l’amitié entre les peuples des deux pays.

Jean Ayiya

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