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Palais du peuple

Samedi 13 Octobre 2018 - 14:00

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Faire d’une pierre deux coups ? On peut invoquer cette maxime en pensant à l’allocution de circonstance du ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République, le 12 octobre, au Palais du peuple. Florent Ntsiba intervenait dans le cadre du lancement de l’opération de recouvrement des sommes dues à l’Etat par un certain nombre de sociétés forestières, accusées de traîner les pieds et même de profiter du laisser-aller des services publics pour continuer à tourner en rond.

Sur cette dimension recouvrement à l’amiable ou au forceps des recettes du bois, le discours du MDEC (entendez ministre d’Etat, directeur de cabinet), tout comme celui du contrôleur général d’Etat ayant été largement repris dans les médias de la place, contentons-nous donc du volet « interpellation » des fonctionnaires du cabinet présidentiel par leur chef. Il faut souligner qu’ils avaient pris d’assaut la salle des banquets du Palais du peuple pour ce rendez-vous tout bien considéré inédit. C’était, en effet, la toute première fois que la commission mise en place pour traquer les créanciers de l’Etat exerçant dans la filière bois dévoilait à grands traits les premières conclusions de ses investigations.

Mais peut-être que ces fonctionnaires de la présidence de la République ne s’attendaient pas à ce que Florent Ntsiba se tourne vers eux, pour leur rappeler qu’à cet endroit sensible où ils se trouvent, « le cœur de nation », ils doivent assurer le fonctionnement continu de l’Etat. Et que pour cela, la notion d’heure de travail pour eux peut être possiblement relative : « Notre rythme de travail à la présidence de la République sera maintenu et soutenu, qu’il s’agisse de nos réunions matinales ou des concertations qui se prolongent, tard en soirée, y compris durant les jours non ouvrables », insistait-il.

Comme pour s’inscrire dans l’esprit des délibérations du Conseil des ministres du 6 octobre, où des agents de l’Etat perdus dans des lieux de réjouissance aux heures de travail avaient été listés, le directeur de cabinet du président de la République s’est montré intraitable. Il n’offrira pas une quelconque protection « à ceux qui seront pris dans les mailles de cette opération » de contrôle des présences. Florent Ntsiba est allé plus loin en envisageant d’instituer des permanences, voire de « créer les conditions d’une proximité résidentielle des principaux collaborateurs du président de la République aux environs du Palais du peuple ».

On a donc assisté, vendredi dernier, au Palais du peuple, siège des plus hautes institutions de la République, à quelque chose comme une volonté de remise en ordre à deux échelons de la hiérarchie publique. Les Congolais ont épilogué tout récemment sur l’annonce par le gouvernement, le 28 septembre, de la dissolution de la Commission nationale de lutte contre la corruption et son remplacement par une Haute autorité de lutte contre la corruption en attente de création. Ils se sont interrogés sur les pouvoirs de cette future nouvelle structure car bien souvent, quand elles ont été installées, de nombreuses institutions publiques sont confrontées à un train de défis dont les plus déterminants concernent leur pouvoir de décision. Les choses changeront-elles cette fois ? Les jours à venir nous le dirons.

Gankama N'Siah

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