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Samedi 4 Août 2018 - 19:45

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Sauf changement imputable, souvent dans ce genre de mécanisme, à des questions laborieuses de procédure, ce mardi 7 août, sera, en principe, donné le coup d’envoi de l’opération de ramassage des armes dans treize localités du département du Pool : Kinkala, Mindouli, Kindamba, Vinza, Goma Tsé-Tsé, Mbandza-Ndounga, Matoumbou, Kibouendé, Loulombo, Kinkembo, Kimbédi, Kindamba-Ngouedi, Missafou. Des armes que les ex-miliciens ninjas détiennent par devers eux sans en avoir légalement le droit. Comme bien d’autres points cruciaux de l’accord signé à Kinkala, le 23 décembre 2017, le ramassage des armes représente une étape importante de la mise en œuvre du programme DDR (démobilisation, désarmement et réinsertion) censé ramener la quiétude dans les zones du Pool affectées par les violences.

Les parties concernées par cette opération, le gouvernement et l’ex-chef-rebelle Ntoumi, sont à nouveau sur le point de prendre date avec l’histoire. Comme ce fut le cas en décembre 1999 et en mars 2003, quand furent respectivement conclus les accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités ainsi que les engagements croisés pour la paix. C’est à la suite de ces « engagements » en faveur de la paix que Frédéric Bintsamou hérita d’un poste ministériel au cabinet du chef de l’Etat en 2007. Afin que jamais plus, la violence armée ne soit échangée contre la compétitivité des opérateurs politiques à accéder au pouvoir par les urnes, planter l’arbre de la concorde nationale et investir le champ politique par les moyens légaux deviennent un impératif pour tous.  

Il est important de signaler que pour les partisans de Frédéric Bintsamou, tant que n’était pas levé le mandat d’arrêt émis contre lui et deux de ses proches au lendemain des attaques perpétrées, début avril 2016, dans le Sud de Brazzaville, le document signé à Kinkala ne paraissait pas avoir rempli l’un de ses principaux objets. La chose étant désormais faite, Ntoumi peut à présent donner le gage de sa bonne foi en participant à la consolidation du processus en cours. Tel est le sens de la promesse qu’il a fait porter par ses mandataires et qui l’ont livrée à l’opinion nationale et internationale par voie de presse, le 31 juillet, à Brazzaville. En attendant qu’il se montre lui-même en public et brise son maquis de deux longues années.  

Aujourd’hui, comme hier, le problème que pose le DDR dans le Pool demeure complexe. En raison, en effet, du nombre de bénéficiaires potentiels (le ramassage des armes en donnera la mesure), sans doute les moyens dont dispose l’Etat ne suffiront pas à satisfaire tout le monde. Bien souvent, dans le cas d’espèce, les regards se tournent vers l’unique grande entreprise du pays qui recrute à bout de bras parfois sans compter : la Force publique. En « mère » de la nation, elle pourrait peut-être ne pas tendre indéfiniment les bras pour accueillir ses fils et filles qui viendront à elle non pas par vocation mais par simple nécessité ; elle ne pourra certainement pas disposer de places suffisantes. D’où l’impérieuse nécessité pour le gouvernement et les partenaires extérieurs impliqués dans ce DDR de faire preuve d’imagination.

Offrir aux ex-combattants le minimum pour qu’ils retournent vivre chez eux, les sensibiliser à la nécessité de se prendre en charge et modeler leurs vies au travers de la conquête pacifique de ce qu’ils recherchent, y compris en politique participeraient de cette prise en charge dont ils ont besoin. Depuis vingt ans, la question a toujours été posée de savoir si les jeunes pris dans l’aventure « rébellionne » du Pool ont réalisé que leur place, comme celle de leurs compatriotes du reste du Congo, se trouve bien dans le dessein commun de construction d’une nation qui a besoin de toutes ses intelligences. Ils savent qu’atteindre un tel but nécessite que le dialogue devienne l’unique lieu de confrontation des opinions. Pas la guerre !

 

Gankama N'Siah

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