8e édition Riac: l’immigration et l’art au cœur d’une causerie-débat

Jeudi 12 Septembre 2019 - 19:32

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Une coalition d’artistes pluridisciplinaires, "Les têtes brûlées", a animé, le 10 septembre aux ateliers Sahm, une conférence qui s’est articulée autour de plusieurs thématiques, entre autres, l’immigration, la littérature, le Congo et la pratique de l’art.

Pendant près de deux heures, les artistes se sont exprimés sur des sujets aussi pointilleux, les uns que les autres. Ouvrant les échanges, Emeraude Nkouka, poète et critique d’art congolais, a abordé le thème « Littérature : le Congo hors l’Afrique ? ». Dans son exposé, il a particulièrement relevé le fait que la littérature congolaise est expatriée dès sa naissance parce qu’elle est écrite en langue étrangère, ses auteurs sont, pour la plupart, édités dans les pays occidentaux.

« Si le roman des années 1980 évoquait une sorte d’exil intérieur, on a pu remarquer dans les années 1990 l’arrivée d’une vague de voyage initiatique vers l’Europe. Par exemple, les romans "Sur l’autre rive" d’Henri Lopes, "L’impasse" de Daniel Biyaoula ou "Bleu Blanc Rouge" d’Alain Mabanckou, l’illustrent bien », a déclaré Emeraude Nkouka.

Développant cette thématique par une discussion fertile, plusieurs points de vue ont émergé. Pour certains, l’expatriation de la littérature congolaise pourrait inscrire la génération actuelle de ses écrivains dans ce que Jacques Chevrier appelle « la littérature de la migritude ». Cela dans la mesure où ces auteurs ont fait le choix de vivre hors de leur pays, et leurs discours se décentrent par rapport au continent africain. D’autres par contre estiment que, quoique la littérature congolaise ait besoin de se dynamiser par une politique nationale plus enrichissante, cette expatriation a permis aujourd’hui à de nombreux auteurs congolais d’être habités par une double culture et un discours plus ouvert sur le monde.

« Il n’y a qu’à lire l’essai "Le Monde est mon langage" d’Alain Mabanckou ou le roman "La Sonate à Bridge Tower" d’Emmanuel Dongala. C’est aussi intéressant de voir comment un écrivain qui n’est pas né au Congo ou parti trop tôt pense l’Afrique ou son rapport au monde, avec autant de liberté et de passion », a souligné un participant à la discussion. 

Clôturant les échanges, les artistes présents à la huitième édition de la Rencontre internationale de l’art contemporain(Riac) ont discuté du sort des migrants africains qui veulent à tout prix atteindre l’Europe par l’Atlantique. Ils ont, en outre, planché sur des sujets tels que la nécessité ou non du nomadisme, la perception de l’autre, l’identité, l’appartenance à une ou plusieurs sociétés.

Notons que "Les Têtes brûlées" sont un groupe d’amis, passionnés de culture, ayant l’habitude de discuter sur de grands sujets autour d’un apéro. Depuis août, ils ont décidé de partager leurs discussions en dehors de la sphère privée et la première rencontre a eu lieu aux ateliers Sahm, autour du thème « A quoi ça sert, un penseur ? ».

 Le groupe est constitué de John Ottavi (écrivain français), Fann Attiki Mampouya (slameur et comédien), Emeraude Kouka (poète, critique d’art et littéraire), Aymerrick’s Ilimbou (nietzschéen invétéré), Boris Mikala II (comédien, metteur en scène et humoriste) et Ange Pémo (humoriste et comédien), tous originaires du Congo.

 

Merveille Atipo, stagiaire

Légendes et crédits photo : 

Les artistes lors des causéries-débats

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