Accord Congo-FMI : des réactions discordantes des acteurs et plateformes politiques

Mercredi 14 Août 2019 - 14:45

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Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 11 juillet dernier, à Washington, l’accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant de 246,9 milliards FCFA, en faveur du Congo. Une décision qui n’a pas laissé indifférents les acteurs politiques.

 

« Le plus dur reste l’application des réformes de sortie de crise retenues dans l’accord. L’approbation de ce programme par le conseil d’administration du FMI marque l’aboutissement d’un long processus de négociations. Sa réussite repose sur la poursuite des efforts déjà consentis par tous les Congolais », a déclaré, le Premier ministre, Clément Mouamba.

 « La rencontre avec le Premier ministre a permis aux forces de la majorité présidentielle de comprendre ce qui se fait. Nous avons des éléments nécessaires nous permettant de relayer l’information auprès de nos mandants et d’autres couches sociales. Le Premier ministre nous a fait savoir que le volet  social sera préservé car les fonctionnaires seront avancés avec effets financiers et que personne ne sera jeté dans la rue », a  indiqué le président du Pulp, Jean Didace Médard Moussodia.

« Il ne fait aucun doute que l’exécution de cet accord permettra au gouvernement de rétablir les équilibres macroéconomiques et budgétaires rompus et d’assurer une remontée en puissance de l’économie congolaise. Le secrétariat permanent exhorte donc le gouvernement à tout entreprendre pour ne pas décevoir les espoirs suscités par l’issue heureuse des négociations assidûment menées avec le FMI », a invité le porte-parole du PCT, Serge Michel Odzocki.

 « C’est un sujet très important pour le peuple congolais. Il est important de rappeler et de se souvenir que cet accord avec le FMI est un programme triennal et nous en appelons à la mobilisation de tous, au rassemblement patriotique pour sa mise en œuvre effective et sa réussite », a rappelé le secrétaire général du Club 2002, Juste Désiré Mondelé

Un accord qui ne rassure pas l’opposition

Si du côté du gouvernement et des partis politiques de la majorité présidentielle, on est optimiste après la signature de cet accord, au niveau de l’opposition c’est le pessimisme qui règne. Le Collectif des partis de l’opposition congolaise (CPOC) qui a organisé une conférence de presse, le 20 juillet à Brazzaville, a indiqué que les sommes allouées au Congo aux termes de cet accord, étaient des montants dérisoires. D’après le comité restreint de cette plateforme, les conditions d’utilisation de ces fonds ne permettent pas au Congo de restructurer sa dette publique devenue insoutenable, ainsi que de rétablir la viabilité des finances publiques en rééquilibrant le budget.

Pour Mathias Dzon et Christophe Moukouéké, le pays ne pourrait pas faire face à certaines charges sociales telles que le paiement régulier des salaires des fonctionnaires, des pensions des retraites, des bourses des étudiants. Selon eux, les 224 milliards 300 millions FCFA représentent 200% de la quote-part du Congo dans le capital du FMI. « L’accord intervenu le 11 juillet 2019 ressemble à un compromis à minima. Outre la modicité des sommes allouées, il ressort de cet accord aucune conditionnalité précise et contraignante obligeant les autorités congolaises à changer radicalement le logiciel politique. Or, le problème fondamental qui se pose au Congo aujourd’hui est celui de la gouvernance », a souligné Christophe Moukouéké, s’interrogeant sur la manière de passer de la mal-gouvernance actuelle à une bonne gouvernance qui rétablirait les équilibres globaux.

« Le non-respect par le gouvernement des demandes du FMI explique le niveau du programme qui, convenons-en, est un programme à minima. Constatons également que le pouvoir tarde à rendre publique la lettre d’intention qui contient l’essentiel des quarante-huit mesures drastiques à mettre en œuvre », a critiqué Clément Mierassa, chef du pôle économique de la fédération de l’opposition congolaise.

 

 

 

 

 

 

Parfait Wilfried Douniama

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