Accord Congo-FMI : le gouvernement s’explique sur le programme et les négociations avec les traders

Mercredi 6 Mai 2020 - 16:30

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Le ministre délégué au Budget, Ludovic Ngatsé, a récemment fait le point, devant l’Assemblée nationale, sur le niveau d’exécution de l’accord signé le 11 juillet 2019 entre le Congo et le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que sur l’état d’avancement des négociations avec les traders pétroliers. C’était à l’occasion de l’adoption du collectif budgétaire.

Selon le ministre délégué, la signature de l’accord avec le FMI a permis au Congo de retrouver sa crédibilité au sein de la communauté financière internationale. Actuellement, il est question, a-t-il dit, de renforcer cette crédibilité en mettant en œuvre les différentes mesures arrêtées dans le programme et de respecter les critères de performance du programme. « Le Congo est toujours en programme avec le FMI, bien que l’exécution de celui-ci soit affectée par la pandémie du Covid-19 », a assuré Ludovic Ngatsé.

Vingt-sept mesures déjà réalisées

S’agissant de l’exécution du programme, le gouvernement a réaffirmé devant la représentation nationale que sur les quarante-huit mesures, vingt-sept ont été réalisées et dix-sept dont les dates d'échéance ne sont pas atteintes mais sont en cours d’exécution. Quatre, quant à elles, ne sont pas réalisées. Le point de blocage reste l’obtention des assurances de financement du programme et particulièrement la restructuration de la dette extérieure, notamment celle des traders.

Sans divulguer la nature des mesures réalisées et celles en cours d’exécution, le gouvernement a indiqué que les quatre mesures qui n’ont pas été satisfaites concernent aussi bien les publications des audits des exercices antérieurs de l’ITIE que la publication des revenus issus des forêts, du pétrole. A cela, s’ajoute la publication des résultats des audits sur les dépenses publiques et des informations des audits sur le portefeuille. « Il s’agit ici essentiellement des audits qui ne dépendent pas toujours du gouvernement mais de la gestion globale du portefeuille. Il y a probablement des faiblesses à cette date, nous en prenons acte. Nous œuvrons de manière à ce que cela s’arrange », a promis le ministre.

D’après lui, l’exécutif est en train de réfléchir sur la nécessité de mettre sur la table la révision de la loi portant société publique et à capitaux publics. Le but est d’inclure des mesures claires de transparence afin de permettre à l’Etat de se doter des moyens de sanction contre les dirigeants des sociétés étatiques. Il s’agit notamment de ceux qui ne respecteront pas les dates d’arrêté des comptes et de publication des audits d’autant plus que cela pénalise énormément le pays.

S’attendre aux négociations difficiles avec Trafigura et Glencore

Interpellé sur l’état des négociations avec les créanciers, Ludovic Ngatsé a rappelé que les pourparlers ont repris depuis novembre 2019 afin de permettre aux autorités congolaises de parvenir à une restructuration de leurs dettes. A ce jour, l’Etat a conclu un accord avec Orion avec à la clé une décote sur la dette initiale qui est 280 millions de dollars. Il s’agit précisément d’une décote de 30%, un taux de 5% et une maturité de trois ans (toute la dette à payer en trois ans), indexée sur les livraisons des barils.

« Quant aux autres créanciers, les négociations continuent, elles évoluent bien. Nous avouons, nous n’aurons pas forcément les mêmes facilités qu’avec Orion. Nous sommes très avancés avec Trafigura, il reste à avoir les mêmes avancements avec Glencore. Mais, nous pensons que si nous concluons avec Trafigura, cela facilitera la tâche avec Glencore », espère le ministre délégué au Budget.

Parfait Wilfried Douniama

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