Accord de Genève : Vital Kamerhe se désengage à son tour

Mardi 13 Novembre 2018 - 13:30

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Le leader de l'Union pour le Congo (UNC)  motive sa décision par le respect des principes et de la volonté des militants de son parti qui l’ont enjoint à maintenir sa candidature à la présidentielle.

A la suite de Félix Tshisekedi qui a été le premier à retirer sa signature de l’accord de Genève du 11 novembre ayant porté Martin Fayulu candidat commun de l’opposition, c’est au tour de Vital Kamerhe de prendre aussi ses distances vis-à-vis de ce pacte. Il a pris cette décision dans la soirée du 12 novembre, quelques heures seulement après que le leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s'est prononcé sur cet accord. Vital Kamerhe, lui aussi, explique ses motivations par la pression exercée par sa base qui n’était pas prête à digérer la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle pour le compte de l'opposition.  « La direction politique m’enjoint de tempérer dans le sens de la demande de la base. Je ne voudrais pas ici commenter cette décision car elle est au-dessus de la personne dans nos statuts (…). J’annonce donc que je retire ma signature pour respecter la volonté de ma base. Sans cette base, je vais m’autoflageller et vais moi-même m’auto exclure du parti », a-t-il laissé entendre sur les ondes d’une chaîne locale.  

Cette déconvenue, d’après Vital Kamerhe, résulte du mode de choix adopté  Genève, c’est-à-dire le vote. « Comment voulez-vous que les gens se votent eux-mêmes ? Et ça fausse tout ce qu’il y a à faire et nous y sommes », a-t-il regretté, estimant que le consensus est la règle qui est appliquée dans toutes les négociations à travers le monde. En optant pour le vote, les jeux étaient faussés au départ, se convainc-t-il. Il allègue que pendant les discussions, son leitmotiv était que l’objectivité prime dans le choix de la personne capable de permettre à l’opposition d’atteindre ses objectifs sur le rejet de la machine à voter et le nettoyage du fichier électoral, susceptibles de déblayer le terrain pour la tenue des élections libres, transparentes et crédibles. « Mais à l’annonce du nom du candidat commun que nous avons choisi et que nous avons nous-mêmes félicité, nous avons eu le retour de la flamme de la population, en colère, déçue », a-t-il déclaré.

A l’écoute de sa base qui lui a demandé de renoncer à ses engagements pris à Genève, Vital Kamerhe n’a pas tergiversé pour retirer sa signature de l’accord conclu dans la capitale suisse. « Comme je suis un leader du parti, et c’est la base qui porte le leader, de peur d’être auto-flagellé et auto-exclu, j'ai donc pris, en âme et conscience, la décision de répondre à la volonté de ma base, puisque finalement nous sommes au service de ce peuple », a-t-il ajouté. Toutefois, le leader de l'UNC ne perd pas confiance et pense que même avec plusieurs candidatures, l’opposition est à même de battre le candidat du Front commun pour le Congo . « Ce pouvoir n’a apporté que désolation. Nous, nous apportons un projet d’espoir », a-t-il martelé.

Vital Kamerhe se dit cependant ouvert aux éventuelles sollicitations dans le cadre d’un nouveau dialogue avec des partis ou regroupements politiques qui seront prêts à l’accompagner dans l’aventure électorale. Il n’exclut pas une alliance électorale avec l’UDPS de Félix Tshisekedi. « Je pense que nous regardons dans la même direction. Nous sommes soucieux de voir cette population sortir de cette peur qu’elle vit au quotidien. Nous avons discuté avec tout le monde, y compris l’UDPS. Il n’est pas impossible qu’on poursuive nos discussions », a-t-il fait savoir à ce sujet.

Alain Diasso

Légendes et crédits photo : 

Vital Kamerhe

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