Affaire Ne Mwanda Nsemi : Maïck Lukadi déplore les violations répétées des droits de l’homme

Vendredi 1 Mai 2020 - 17:13

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Le président de l’ONG de défense des droits de l’homme Assistance aux vulnérables et enfants du Congo (APVEC-Ongdh) pointe du doigt les éléments de la police nationale qui ont fait un usage disproportionné de la force et les adeptes de Bundu dia Mayala (BDM) qui ont utilisé des armes blanches.

Le président de l’ONG de défense des droits de l’homme Assistance aux vulnérables et enfants du Congo (APVEC-Ongdh), Maïck Lukadi, rappelle dans un entretien le 1er mai avec la presse, que l’assaut donné, le 24 avril par la police sur la résidence du leader de Bundi dia Mayala (BDM), Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, a causé la mort de huit personnes et fait 35 blessés sans compter les arrestations.

Selon ce défenseur des droits de l’homme, citant des sources crédibles dont les points focaux de cette association, les trois accrochages entre les adeptes de Ne Mwanda Nsemi et la police, dans le Kongo Central et à Kinshasa, ont causé plus de vingt morts et de blessés graves de deux côtés. Maïck Lukadi a relevé des violations de droits de l’homme par des éléments de la police mais aussi par des adeptes de BDM. « Ce sont des actes contraires au respect des droits de l’homme que j’ai toujours dénoncés et condamnés. Il y a eu des pertes des vies humaines et la vie est sacrée », a regretté le président de l’APVEC-Ongdh.

Utilisation des voies autorisées et légales

Maïck Lukadi, qui reproche au leader du BDM de ne pas utiliser les voies légales et autorisées pour réclamer ses émoluments, rappelle que l’incitation à la haine tribale, la rébellion et l’atteinte à la sécurité de l’Etat, sont des faits répréhensibles selon les lois du pays. Mais le président de l’APVEC-Ongdh dénonce également l’utilisation disproportionnée de la force par la police, qui a usé d'armes létales contre ces civils dont certains n’auraient même pas été armés. « Franchement, sans ambages, j’appelle la justice à faire son travail. Que la rigueur de la loi soit imposée à tous ceux qui n’ont pas respecté les lois et les textes règlementaires dans ces épisodes malheureux de la vie de la nation », a souligné ce défenseur des droits de l’homme.

Le président de l’APVEC-Ongdh, qui salue la libération de quelques femmes et d’autres adeptes de Ne Muanda Nsemi dont certains ont même bénéficié de facilités de transport pour rentrer dans le Kongo-Central d’où ils étaient venus, déplore que les policiers commis à cette opération sur la résidence du leader de BDM se soient transformés en pillards, emportant les biens de cet ex-député national. « Nous condamnons l’usage disproportionné de la force de la part de la police, et nous exigeons également des enquêtes crédibles et impartiales pour que les policiers coupables et responsables de ces bavures dont les images ont circulé sur les réseaux sociaux soient arrêtés et traduits en justice », a-t-il déclaré.

Dans le cadre des réparations, Maïck Lukadi exige la restitution de tous les biens pillés par la police et les particuliers dans la résidence de Ne Muanda Nsemi. Notre police, a-t-il dit,  doit être professionnelle, afin d’éviter toutes ces violations des droits de l’homme.

L'activiste, au delà de la dénonciation des violations des droits de l’homme commises par la police lors de l’arrestation du leader de BDM, insiste sur l’urgence du vote au Parlement congolais de la loi portant protection de défenseurs des droits de l’homme. Maïck Lukadi dit se rappeler des violations des droits de l’homme que lui-même, en tant qu’activiste, a souvent subi sur le terrain ou dans sa vie quotidienne à cause de son travail dans les régimes politiques précédents celui de Félix Tshisekedi.

Il profite de cette occasion pour dénoncer les tracasseries dont est victime l’un des membres de son organisation, Buzianga Zemba Sarah, qui continuerait à subir des menaces et autres intimidations à cause de sa participation dans une des marches organisées en 2018 par la Comité laïc de coordination pour exiger la tenue des élections. « Sarah y a été en tant qu’activiste pour faire son travail d’enquête et de monitoring sur terrain. Identifiée par les services, elle a été malmenée jusqu’à l’obliger à entrer en clandestinité. Maintenant, elle reçoit toujours des menaces dans certains appels téléphoniques. Ce qui me pousse à insister sur l’urgence de cette loi qui protégerait les défenseurs des droits de l’homme dans notre travail qui a des incidences sur notre vie quotidienne », a expliqué le président de l’APVEC-Ongdh.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo: le président de l'APVEC-Ongdh, Maïck Lukadi.

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