Afrique-Arabie saoudite: une coopération rentable

Vendredi 16 Novembre 2018 - 17:00

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À la recherche d'opportunités d'investissements rentables, Ryad chiffre ses réserves de fonds à deux mille milliards de dollars et le continent noir fait partie de ses ambitions.

 Les deux parties sont prêtes à faire du business et bénéficient, entre autres, de liens idéologiques qui facilitent une présence économique et diplomatique en Afrique. Le continent compte plus de quatre cent cinquante millions de musulmans, une cible facile pour l'Arabie saoudite. Les premiers investissements saoudiens en Afrique étaient concentrés sur les infrastructures religieuses, la construction de mosquées, par exemple, en Egypte, au Mali, au Tchad. Près de 21% d'ONG en Afrique sont islamiques et, la plupart d’entre elles sont financées par Ryad. Aujourd’hui, les investissements de l’Arabie saoudite en Afrique sont tournés vers des intérêts économiques. L'Arabie saoudite veut profiter des opportunités qu’offre le boom économique et démographique en Afrique. En 2016, la part des investissements directs étrangers (IDE) du royaume représentait 3% des capitaux des IDE en Afrique, soit 2,7 milliards de dollars, une excellente progression.

L'Arabie saoudite se livre de plus en plus à l'achat de terres arables sur le continent pour la production agricole. Ainsi, dix mille hectares de terres ont été loués en Ethiopie par la société Saudi star, tandis que d’autres ont été achetés notamment au Soudan ou en Mauritanie. Les investissements de l’Arabie saoudite sont distillés à travers le Fonds saoudien de développement (FSD), sans aucune condition macroéconomique, politique ou sectorielle aux gouvernements qu’elle aide.

Ryad investit également dans le secteur bancaire. En 2018, des projets d’investissement du royaume sur le continent ont accru, dans un contexte de repositionnement géostratégique des Etats-Unis et de la Chine. Les secteurs des soins de santé, des transports, des services publics, de l'électricité et des télécommunications font partie des nouvelles cibles. L'Arabie saoudite et l'Égypte ont mis en place, en mars dernier, un fonds d’investissement commun de dix milliards de dollars américains pour le développement d’une « méga-ville » de plus de 1000 km carrés dans le sud du Sinaï. En juillet, l'Arabie saoudite a annoncé qu'elle va injecter dix milliards de dollars dans l’économie sud-africaine. Les énergies et autres secteurs stratégiques sont visés par ce programme d’investissements, via le FSD. Ryad compte s’ériger en financier de premier plan pour le secteur privé africain qui peut espérer capter une partie des quatre cents milliards de dollars d'investissement prévus.

Noël Ndong

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