Afrique: le Canada met 22,6 millions de dollars dans la formation des mathématiciens dans la problématique du changement climatique

Samedi 3 Septembre 2016 - 14:12

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C’est une initiative originale : recourir aux mathématiciens pour  rechercher des solutions permettant d’atténuer les changements climatiques.

Cette annonce a été faite par la ministre canadienne du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau. Ottawa va mettre 22,6  millions de dollars canadiens sur 5 ans en faveur de l’initiative: « A la recherche du prochain Einstein » de l’institut africain des sciences mathématiques (AIMS – voir NextEinstein.org).  

« Cette initiative démontre l'engagement du Canada envers la jeunesse africaine et sa capacité à trouver des solutions durables aux défis mondiaux les plus urgents, tels que les changements climatiques. L’Institut AIMS fera de grands progrès en augmentant le recrutement et en favorisant l’avancement des jeunes mathématiciens, plus particulièrement des mathématiciennes, en Afrique », a déclaré la ministre. 

Elle ambitionne de former des mathématiciens africains dans la recherche des solutions pouvant permettre d’atténuer les changements climatiques ou de s’y adapter.  L’institut pourra étendre son modèle de formation en mettant l’accent sur les changements climatiques. Un programme sera mis sur pied à son centre au Rwanda avec un cours sur les changements climatiques. Trois chaires de recherche seront appuyées par l’Institut AIMS. Une cinquantaine de chercheurs africains seront associés dans la création du corpus ; un programme de stages en faveur des étudiants ainsi que des bourses de recherche visant à aider les mathématiciennes africaines d’exception ayant la capacité de mener des recherches sur les changements climatiques.

L’institut AIMS compte former une masse critique de mathématiciens en Afrique pour aborder les défis complexes qui se posent au continent en matière d’économie, de santé, d’agriculture et d’environnement. « Les solutions permettant d’atténuer les changements climatiques et de s’y adapter seront conçues par des mathématiciens qui comprennent le contexte local et régional. L’investissement du gouvernement du Canada renforcera les capacités locales en sciences et en mathématiques, et aidera l’Afrique à trouver des solutions lui permettant de surmonter les défis liés aux changements climatiques », a indiqué le ministre canadien des Sciences, Kirsty Duncan.

Ainsi, chaque année, cinquante meilleurs étudiants des cycles supérieurs d’Afrique s’inscrivent dans les six centres de l’institut en vue de suivre un programme de dix mois menant à l’obtention d’une maîtrise en sciences mathématiques.

L’influence acquise sur les recherches relatives aux changements climatiques, les diplômés pourront se livrer à l’élaboration de modèles de culture permettant d’estimer par exemple, l’avenir de la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique, la modélisation mathématique pour aider l’industrie à transformer les déchets en énergie, la conception de modèles devant permettre la compréhension des schémas de propagation des maladies infectieuses dans le contexte du réchauffement climatique, en vue de prolonger les saisons de transmission.

Un centre de l’Institut AIMS sera également ouvert en Afrique francophone.  « Comme l’Institut AIMS, nous croyons que le prochain Einstein sera africain. Cette initiative s’inspire de cette conviction, et vise à démontrer que les Africains sont les mieux placés pour comprendre et résoudre les enjeux climatiques uniques de la région. Ils sont également en mesure de créer la prochaine grande innovation du monde en matière d’adaptation aux changements climatiques », a précisé le président du Centre de recherches pour le développement international, Jean Lebel.

Noël Ndong

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