Alesh vs Bracongo : une bataille judiciaire pour le respect du droit des artistes

Samedi 29 Août 2020 - 16:30

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Le chanteur hip hop a confié au Courrier de Kinshasa avoir de grosses attentes du procès qu’il a intenté contre la multinationale afin de lui ôter toute envie de bafouer la loi à l’avenir quitte à reconnaître à juste titre la valeur du travail artistique.

Alain Chirwisa, alias Alesh échangeant avec ses avocats au tribunal (DR)Sa plus grande expectative, Alain Chirwisa, alias Alesh, l’a partagée au Courrier de Kinshasa ce week-end : « Nous attendons de ce procès le respect des œuvres d’esprit des Congolais et même des étrangers. Car, ces œuvres participent à la promotion des artistes, des scientifiques et tous ceux qui pensent qu’avec leur génie, ils peuvent faire avancer le monde », dit-il.

L'artiste et ses avocats espèrent « des condamnations exemplaires qui auront une portée pédagogique pour que dans l’avenir, les opérateurs économiques puissent endiguer leurs actions et les insérer dans le respect de la législation en vigueur et surtout dans le respect du droit d’autrui ».

Alesh est toujours d’attaque après que l’audience du 24 août dernier soit remise pour la plaidoirie du 21 septembre. L’artiste réclame justice convaincu que la Bracongo se doit de respecter son travail. « Ce qui me choque le plus dans l’attitude de cette multinationale, c’est qu’elle se croit tout permis », déplore l'artiste. Il reproche à la société l’usage abusif de Youyou, un de ses tubes. Pour le rappeur, il est inconcevable que la Bracongo « utilise à des fins de publicité commerciale une œuvre d’esprit d’un artiste congolais sans autorisation alors qu’elle a connaissance du droit congolais en la matière ».

Un vent nouveau souffle

Les avocats de l’artiste dénoncent l’évidence que, depuis l’audience préliminaire du 12 août, la Bracongo « fait des interventions forcées » traduisant à suffisance son mépris vis-à-vis des droits de leur client. Cet agir, affirme Me Dany Oleko, « révèle combien cette multinationale pense que le Congo est un terrain où les lois sont inexistantes, tout peut se faire et qu’avec de l’argent il est toujours possible de se tirer d’affaire ». Ce qui n’entame en rien la détermination d’Alesh d’en découdre avec elle. « C’est vraiment dégoûtant cette manière qu’a cette grande société de faire les choses. Sûre de ses moyens, elle se croit tout permis. Mais cela n’empêche que nous allions jusqu’au bout de l’affaire », affirme-t-il fort du soutien de ses avocats. Alesh dans Youyou, chanson au cœur du procès contre la Bracongo (DR)

Avec la tenue de ce procès, Alesh dit mener une bataille légitime pour le respect des droits de ses homologues artistes. Dès lors, il lance un signal à leur adresse mais qu’il étend, dit-il, à « l’opinion nationale et internationale ». « Le temps des intouchables est révolu », indique-t-il. Et d'affirmer : « Un vent nouveau souffle en République démocratique du Congo, il permet à toute personne lésée dans ses droits d’obtenir gain de cause devant un juge indépendant sans que des considérations multiples ne viennent dévoyer le cours d’un procès. Il est aujourd’hui possible d’intenter un procès à une multinationale et le gagner ».

Kinglesh croit dur comme fer au changement dans les usages de sorte qu’il tient à sensibiliser ses homologues de sa génération à ce propos. « Les artistes doivent comprendre que le travail bien fait et l’œuvre d’esprit sont protégés en droit congolais par la constitution, les lois et règlements de la République. Le juge est le garant de cette protection », affirme-t-il. Ce à quoi son avocat-conseil, Dany Oleko, prend le parti de renchérir : « Chaque Congolais se doit d’avoir confiance au juge. Ainsi, chaque artiste dont l’œuvre sera exploitée illicitement peut avoir confiance aux juges et espérer bénéficier de la protection prévue tant par la constitution que les lois et règlements de la RDC que par les traités internationaux ».  

Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Alain Chirwisa, alias Alesh échangeant avec ses avocats au tribunal (DR) Photo 2 : Alesh dans Youyou, chanson au cœur du procès contre la Bracongo (DR)

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