Art plastique: Freedy Tsimba, le plasticien de l’appropriation culturelle

Jeudi 18 Juin 2020 - 18:38

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Plasticien congolais connu pour ses monumentales sculptures, Freedy apporte sa pierre à l’édifice du développement culturel de l’Afrique. Son but : soutenir les initiatives qui permettent au continent africain de se réapproprier sa culture, afin que les générations aient des repères.

Sorti de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa en 1992, Freedy Tsimba explore le monde entier à travers son art. Il peint l’humanité avec les couleurs qui lui sont propres.

En effet, lors des expositions « Prête-moi ton rêve » tenues respectivement au Maroc en 2019 et en Côte d’Ivoire en mars dernier, il a présenté des œuvres conçues avec des cuillères ramassées dans les rues de Kinshasa (RD Congo) « Je pense que c’est une façon pour l’Afrique d’honorer ses créateurs. C’est une grande première et cette initiative montre les créateurs d’Afrique autrement. Je suis sûr que cela suscitera d’autres projets à l’intérieur du continent entre artistes-peintres. Cela est aussi valable pour les arts visuels, les dramaturges, les chorégraphes, les photographes », a-t-il indiqué.

Le plasticien s’est notamment fait démarquer en 2002, lors de la 7e édition de la biennale de Dakar. En tant qu’artiste engagé, il rassemble et soude des matériaux récupérés dans les rues de Kinshasa tels que les douilles des cartouches. Il dénonce à travers ces sculptures expressionnistes et provocatrices les tragédies engendrées par les guerres. Il est également le fil conducteur du documentaire « Système K » réalisé par Renaud Barret, en salle en France et Belgique en janvier 2020 et sur les scènes artistiques bouillantes de Kinshasa (RD Congo). Certaines de ces œuvres d’art sont inscrites aujourd’hui dans le patrimoine culture africain.

En décembre 2018, pour célébrer à sa manière les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, Freedy Tsimba avait conçu une statue représentant une femme, de près de quatre mètres de haut, constituée de 20 000 douilles de cartouches. La porteuse de vies est exposée au palais de Chaillot à Paris. Lors de la foire d’arts contemporains AKAA, il a réalisé une œuvre impressionnante, entièrement conçue en cuillères recyclées et soudées, intitulée ‘’Centre fermé, rêve ouvert’’, proposée par la galerie angélia à l’exposition. Cette sculpture est la suite logique d’une expérience douloureuse qu’il a vécue en Belgique.       

Depuis une vingtaine d’années, Freedy Tsimba a reçu de nombreux prix nationaux et internationaux. Son œuvre victime malgré elle, qui représente une femme assise dont la tête est formée par des cuillères pour symboliser la femme, a reçu la médaille d’argent lors de la quatrième édition des jeux de la francophonie à Ottawa. Il est médaillé des arts, des sciences et des lettres en 2002, en RDC ; prix du meilleur plasticien de la RDC, en 2007. L’artiste a participé à plusieurs expositions à travers le monde, notamment en France, en Allemagne, au Canada, en Haïti, au Maroc, aux Etats-Unis, au Bénin, au Sénégal et en Algérie.

Cissé Dimi

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