Arts : « Kintchintcha » promeut les arts visuels dans le Pool

Jeudi 2 Juillet 2020 - 20:19

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Le projet initié par Melvier Bemba Bemi, directeur départemental des Arts et des Lettres du Pool, entend mettre exergue le potentiel artistique de cette région.  Nous  l’avons rencontré pour en parler.

Les Dépêches du Bassin du Congo : Vous avez initié le projet Kintchintcha Saison1, de quoi s’agit-il ?

Melvier Bemba Bemi : Le projet « Kintchintcha Saison 1 » est un projet culturel et artistique résultant de la performance du projet « Kimbangui » qui est un projet d’appui à l’action menée par les autorités locales à travers la commission départementale de riposte sur la sensibilisation au coronavirus au Pool. En effet, « Kimbangui » a convaincu la direction départementale des Arts et Lettres du Pool et les artistes à la production théâtrale et cinématographique pour être en quelque sorte des témoins actifs de l’histoire, à travers les images (photographies, théâtres, films (courts, moyens, longs métrages et l’écriture…) qui seront produites au Pool avec les artistes de ce département du Congo.

Le département du Pool, reconnu culturel du fait de sa potentialité en matière de culture et des arts, semble aujourd’hui méconnaissable dans son domaine. En effet, ce département avec tout ce qu’il a connu, il est dépourvu des espaces d’expression culturelle et artistique. Mais aussi et surtout, il a été dépouillé d’une vraie politique culturelle pour pouvoir relever le défi. Ainsi, est devenue dérisoire la vie des groupes et des artistes. C’est la mission que s’est fixée la direction départementale des Arts et des Lettres du Pool depuis une année, à travers son plan d’action bi-quinquennale, traduit par les activités programmées chaque année.  Ce projet vient à point nommé pour répondre tant soit peu à cette difficulté, pour que vive la culture et les arts au Pool. A travers « Kintchintcha Saison 1 », la direction départementale des Arts et des Lettres du Pool s’engage à relancer les arts scéniques, le cinéma et autres. Enfin, amener la population du Pool à réaliser la valeur culturelle du département  et ouvrir le département vers les autres horizons. Pour ce faire, « Kintchintcha Saison 1 » va mettre sur pied un atelier de cinéma (les métiers de cinéma et les autres arts scéniques), il va créer un espace d’expression culturelle et artistique (rénovation de la salle de cinéma de Kinkala) et chaque saison sera ponctuée par une production d’un long, moyen ou court métrage. Et les comédiens recevront des attestations de participation à la fin de leur formation et prestation.

LDBC : Après le confinement, nous sommes passés au déconfinement dites par palier. Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées dans l’exécution de vos projets ?

M.B.B. : Le confinement a été très profitable pour nous, bien qu’il soit une épreuve à ne pas souhaiter, voire une calamité au regard des désastres qu’il engendre du point de vue économique, social et même culturel. En effet, grâce à cette période, nous avons pu réaliser à travers la sensibilisation de lutte contre le coronavirus des sketchs, des vidéos, des reportages photos, j’en passe. Et nous avons pris conscience même à l’intérieur du pays, on peut réaliser de grandes choses tout comme ceux qui sont à Brazzaville et dans les grandes agglomérations. Il est question d’abord de mettre en valeur les talents et d’élaborer un bon plan de travail. Mais cela ne suffit pas hélas, car qui dit projet, dit partenaires, les moyens financiers, logistique, etc.

Aujourd’hui, les partenaires sont un peu hésitant vue la persistance de la pandémie, d’autres sont encore en attente de reprise effective d’activités. Kinkala, par exemple, c’est une ville qui vit au rythme du programme scolaire. Maintenant avec la sélection des niveaux scolaires et l’examen qui pointe à l’horizon, les jeunes sont beaucoup plus préoccupés aux études avec le temps qui leur est imparti. D’autres, par contre, hésitent par rapport à la pandémie, parce qu' on continue de parler des mesures barrières. Ainsi l’adhésion des jeunes, bien qu’ils sont enthousiastes vis-à-vis de Kintchintcha, est biaisée par ces paramètres que je viens d’évoquer en amant, c’est-à-dire pas de sponsors, plus assez de jeunes ainsi que le manque de logistique. Mais nous gardons espoir.

LDBC : Un dernier mot ?

M.B.B. : J’aimerais dire à la jeunesse du Congo en général et du Pool en particulier que j’ai peur que dans un futur très proche, le Congolais sinon l’Africain soit méconnaissable du simple fait que, sa carcasse squelettique sera dépourvue de sa peau, pour avoir perdu toutes ses valeurs culturelles au dépens des cultures exotiques, que nous digérons d’ailleurs  très mal, hélas. Sauvegardons et mettons en valeur notre patrimoine culturel, notre identité, nos valeurs intrinsèques, notre dignité. Et aux parents, je demande d’aider la postérité, à connaitre et à s’approprier la culture endogène. Merci !

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Melvier Bemba Bemi, initiateur du projet «Kintchintcha»

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