BAD : les Etats africains exhortés à créer les emplois de qualité

Mercredi 22 Janvier 2020 - 19:57

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Pour tirer l’attention des gouvernants africains sur l’épineuse problème du chômage et de l’accès à l’éducation de qualité des jeunes africains, la Banque africaine de développement (BAD) a publié, le 20 janvier, son rapport 2019, invitant les gouvernements à mettre sur pied des politiques efficaces afin de faire face aux problèmes d’inadéquation.

L'expertise issue d’une enquête réalisée sur dix pays africains, notamment le Congo, le Bénin, l'Egypte, le Liberia, Madagascar, le Malawi, la Tanzanie, le Togo, l'Ouganda et la Zambie souligne que l'éducation de la majorité des jeunes africains est insuffisante et en inadéquation avec les emplois qu'ils occupent, et environ un tiers d'entre eux sont sous qualifiés. Ainsi, pour pallier le problème, selon la BAD, les dirigeants du continent doivent veiller non seulement à ce qu'il y ait un nombre suffisant d'emplois de qualité à leur offrir mais aussi donner à ces jeunes une éducation et une formation de qualité afin qu’ils occupent ces emplois.

Le document de l’institution financière africaine précise que le continent africain est confronté à l’épineuse problème de l’inadéquation entre les emplois disponibles et les qualifications de la main d'œuvre. Cependant, une grande partie de la planète est confrontée au vieillissement de la population. Et, pour le continent africain, c'est la situation inverse, d’autant plus, à en croire aux statistiques de 2019, 60% de la population africaine est jeune et sans emploi. Cela s’illustre à travers le fait que les jeunes dont la qualification est largement supérieure aux exigences de l'emploi qu'ils occupent sont sous payés et frustrés par les difficultés à construire leur carrière. Ce qui contribue au gaspillage de leurs compétences. « Dans ce contexte, des jeunes peu éduqués bénéficient des salaires relativement élevés, mais c'est au prix de la satisfaction qu'ils tirent de leur travail. Ceux qui sont sous-qualifiés essayent tant bien que mal de faire correctement leur travail, mais vivent avec la crainte permanente de perdre leurs emplois.  Ce qui les contraint à garder ces emplois parce que, pour éviter le chômage, ils acceptent les emplois pour lesquels ils ne sont pas qualifiés par désespoir », déclare la BAD, en insistant que l'ampleur et la persistance de l'inadéquation entre les emplois et la qualification des candidats sans oublier ses conséquences tant au niveau des travailleurs et de l’économie des pays devrait être la première des priorités des gouvernements africains.     
 

Améliorer les conditions des enseignants est un atout majeur

Pour la BAD, les gouvernements africains peuvent faire face à ce phénomène en construisant de nouvelles écoles, en améliorant les conditions de travail des enseignants et en veillant à la présence du matériel voulu, notamment en matière d'informatique et de communication. De même, ils devraient rendre l'école primaire gratuite, limiter le montant des droits d'inscription dans le secondaire et à l'université et accorder des bourses. « Il faut renforcer la politique d'aide aux jeunes lors de leur passage de l'enseignement à l'emploi car, actuellement, il n'existe aucune aide à la recherche d'emploi, que ce soit de la part de l'Etat ou d'agences spécialisées », déplore la BAD dans son document avant d’ajouter que pour que les jeunes travailleurs aient de meilleures perspectives, l'Etat doit encourager la diffusion d'informations sur les emplois disponibles et inciter les entreprises à proposer des stages aux jeunes diplômés, par exemple au moyen de subventions ou de baisses d'impôt.  

Evoquant les avantage d’avoir une meilleure qualification pour bénéficier d’un emploi décent, le document de la BAD signifie que les jeunes diplômés doivent connaître les qualifications et le niveau de formation exigés par le marché du travail. Les employeurs africains se plaignent souvent de la difficulté à trouver des postulants ayant une formation solide en science, en technologie, en ingénierie, en mathématiques, en communication ou à la résolution des problèmes complexes. « La Banque africaine de développement joue un rôle moteur pour aider les jeunes dans le secteur des technologies de l'information en finançant l'université Carnegie Mellon-Afrique au Rwanda qui existe depuis 2011. Elle sert de centre d'excellence et de centre régional en matière de technologies de l'information pour l'Afrique de l'Est. En collaboration avec le gouvernement du Rwanda, elle a créé un accélérateur de start-up pour aider les étudiants à fonder leur propre entreprise », précise le rapport, en concluant que la résolution du problème de l’inadéquation entre emplois et qualification suppose d’avoir un système éducatif et une formation professionnelle qui répond mieux à la demande et qui est tournée vers l’avenir. « Les gouvernements africains doivent créer des forums permettant aux entreprises d'informer les établissements d'enseignement et de formation professionnelle sur leurs besoins. Ce qui leur permettrait d'adapter leur programme en conséquence. Toute cette jeunesse africaine est un énorme atout », conclut la BAD.

Rock Ngassakys

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