Bande dessinée : Kash présente "Mbote Kinshasa" à l’Espace Bilembo

Jeudi 6 Octobre 2016 - 18:37

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Le nouvel album du dessinateur congolais sorti depuis quelques semaines dans toutes les librairies du réseau Hachette en France, en Belgique et au Québec sera disponible à Kinshasa à la suite de sa présentation prévue pour ce 7 octobre à 19h au centre culturel situé à proximité de l’ambassade de France.

 

La couverture de Mbote Kinshasa Caricaturiste et bédéiste Thembo Kashauri, dit Kash, a donné vie au scénario de Sébastien Maître pour la réalisation de "Mbote Kinshasa", une BD cartonnée en couleurs de 56 pages. Le régisseur français a de la sorte procédé à une adaptation de "Debout Kinshasa", un moyen métrage tourné dans la ville il y a maintenant deux ans, a confié Kash aux Dépêches de Brazzaville.

Le titre "Mbote Kinshasa" écrit en gras, entre les deux mots un encadré jaune dans lequel on peut lire article 15, reprend les couleurs nationales que sont le rouge, le jaune et le bleu. Le drapeau est encore mieux illustré avec la lettre « O » barré de lignes jaunes et rouges assorties à son fond bleu. L’expression « article 15 », plus que la salutation, "Mbote", veut dire bonjour, exprime au mieux le récit de la BD. En effet, familier à tous les Kinois et même que ce ne serait pas exagéré de dire à tous les Congolais, cette maxime est connue pour le synonyme de débrouille, combine et stratagème. Du point de vue du scénariste, le fameux « article 15 » est de mise dans le quotidien des Congolais, c’est cela le fil conducteur du propos de la BD.

L’histoire de "Mbote Kinshasa" que découvriront les bédéphiles à sa lecture est portée par Samuel, un petit kinois débrouillard âgé d’à peine 10 ans. Il fait face à un besoin impérieux : il a l’obligation de porter des chaussures vernies sans lesquelles il n’a pas accès aux cours.  Impossible de tromper la vigilance du surveillant de l’école qui ne lui permet pas d’entrer avec ses chaussures de tennis abîmées. La porte de son école, il n’a aucune chance de la passer s’il n’est pas chaussé comme il se doit. Mais voilà qu’il se trouve dans une impasse : elles coûtent cher, et il n’a pas d’argent. Loin de se morfondre, il se montre plutôt créatif question de gagner le maximum de francs congolais, la monnaie locale, afin de se procurer des souliers neufs.Une des planches de Mbote Kinshasa

Le gamin fait alors preuve de grande ingéniosité, un clin d’œil aux Kinois passés maîtres dans ce domaine. Ainsi, Samuel n’est pas le seul à user du fameux article 15 comme l’épinglent le scénariste et le dessinateur. En effet, ce que Sébastien Maître et Kash mettent à nu dans Mbote Kinshasa c’est une peinture de la capitale de la RDC que Laurent Larcher tient pour un « tableau vif et juste de la vie quotidienne à Kinshasa ». Et de poursuivre : « Du prêcheur au policier, des écoliers aux petits vendeurs, des « patrons » naïfs ou rusés, tous vivent dans un monde boiteux, cassé et rafistolé ».

Reste donc à lire la BD pour y découvrir ce ton léger et ce trait plein d’humour qu’évoque le journaliste du service étranger de La Croix. Il nous fait savoir en sus que les personnages de "Mbote Kinshasa" sont habités par la bonne humeur, une particularité qui ne manque pas de frapper les étrangers de passage dans cette ville. Pour Laurent Larcher, il ne fait aucun doute que « les deux auteurs ont visiblement rendu hommage à l’ingéniosité des Kinois, à leur capacité d’adaptation, à leur faculté à trouver des solutions aux mille problèmes posés par les mille dysfonctionnements de la société ».

 

Nioni Masela

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : La couverture de Mbote Kinshasa Photo 2 : Une des planches de Mbote Kinshasa

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