Burundi : plusieurs morts dans des affrontements entre forces de sécurité et rebelles

Mercredi 23 Octobre 2019 - 17:05

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La police affirme avoir tué quatorze « criminels » tandis que les rebelles disent avoir tué une dizaine de soldats, lors des combats qui ont éclaté, le 22 octobre, dans la province de Bubanza.

Le groupe rebelle burundais RED-Tabara, basé dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a assuré que les affrontements avaient eu lieu lors d'une incursion en territoire burundais. Le gouvernement burundais et de nombreux diplomates, de leur côté, ont indiqué que ce groupe rebelle est dirigé par l'un des plus farouches opposants au régime burundais, Alexis Sinduhije, ce que l'intéressé a toujours nié.

« Démantèlement (...) d'un groupe de criminels armés venus de la RDC », a annoncé mardi le ministère burundais de la Sécurité dans un tweet. « Quatorze criminels tués et onze armes saisies sur eux », a-t-il ajouté, sans évoquer de pertes dans les rangs des forces de sécurité, alors que des témoins et des sources administratives locales ont affirmé que plusieurs membres des forces burundaises avaient été tuées.

Sous couvert de l'anonymat, un des responsables du RED-Tabara a affirmé que « le bilan de la police est totalement fantaisiste », ajoutant: « Comme on avait l'avantage de la surprise, une dizaine de policiers ont été tués et de notre côté, on a perdu un combattant, et un autre a été capturé ».

Les rebelles sont arrivés au Burundi vers 4 he, selon des témoins sur place interrogés par l'AFP par téléphone, qui ont évoqué un groupe constitué d'une centaine de combattants portant des uniformes de l'armée et de la police burundaises.

« Ce groupe a pris avec lui une vingtaine de civils, dont un chef de colline, pour le transport de leur ravitaillement, et les ont relâchés trois heures plus tard lorsqu'ils sont arrivés à l'entrée de la forêt de la Kibira », a expliqué un responsable local sous couvert de l’anonymat.

La forêt primaire de la Kibira, qui court du centre du Burundi vers le nord et se prolonge avec la forêt de Nyungwe au Rwanda, a souvent servi de refuge aux groupes rebelles burundais.

C'est l'arrière-garde de ce groupe armé qui a affronté pendant plusieurs heures des soldats, des policiers et des membres des Imbonerakure, la jeunesse du parti au pouvoir au Burundi, qualifiée de milice par l'ONU, selon des témoins et des sources administratives, qui ont assuré que les combats ont poussé des milliers de personnes à fuir la zone.

Le Burundi traverse un crise meurtrière née de l'annonce, en avril 2015, de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat controversé, obtenu en juillet de la même année. La prochaine élection présidentielle est prévue en 2020.

Les dernières attaques menées par des rebelles burundais basés en RDC remontent à 2017.

Josiane Mambou Loukoula et AFP

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