Célébration : le monde a rendu hommage aux Casques bleus

Samedi 25 Mai 2019 - 16:28

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La Journée internationale des soldats de la paix des Nations unies a été commémorée, le 24 mai, sur le thème « Protéger les civils, protéger la paix ».

L’objectif de l'événement, selon l’ONU, est d’informer l’opinion internationale des efforts et de la contribution des Casques en ce qui concerne le maintien de la paix dans les pays en conflit. Il marque aussi le vingtième anniversaire de la première mission de maintien de la paix en Sierra leone ayant reçu expressément pour mandat de protéger les civils.

« Elle est une journée importante pour rendre hommage au personnel civil, policier et militaire pour leur participation inestimable au travail de l’ONU. Elle constitue aussi l’occasion d’honorer la mémoire de plus de trois mille huit cents Casques bleus qui ont perdu la vie en servant sous le drapeau des Nations unies depuis 1948, dont quatre-vingt-dix-huit hommes et femmes en 2018 », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en ajoutant que les soldats de la paix de l’ONU font face à de graves menaces. Car, les attaques contre leurs patrouilles et leurs installations sont devenues monnaie courante sans oublier qu’ils sont aussi victimes des maladies et des accidents. Ce qui a fait qu’environ trois mille huit cent Casques bleus militaires, policiers et civils ont perdu leur vie.

« L'année dernière, quatre-vingt-dix-huit membres du personnel du maintien de la paix originaire de trente-six pays ont été tués au cours de leur mission. Bien que ce soit le nombre le plus faible de victimes en une décennie, cela reste inacceptable», a déploré Antonio Guterres, en insistant que les Casques bleus ont besoin de meilleures formations et de meilleurs équipements et, leurs mandats doivent être réalistes et appuyés de manière adéquate par des ressources et par une volonté politique.

« Nous devons également veiller à ce que les auteurs d'attaques contre les soldats de la paix soient identifiés et traduits en justice. Car, le renforcement du maintien de la paix requiert l'engagement et l'action de tous », a-t-il ajouté.   

 Cent dix-neuf hommes et femmes honorés à titre posthume

Pendant cette journée internationale, les Nations unies ont décoré cent dix-neuf hommes et femmes issus de trente-huit pays récemment morts au service de la paix.  Ils ont reçu à titre posthume, la médaille Dag-Hammarskjöld, du nom du deuxième secrétaire général de l’ONU mort dans un accident d’avion pendant qu’il effectuait une mission de paix en République démocratique du Congo.

En dehors de cet acte de reconnaissance, l’ONU a également salué le courage de Chancy Chitete, un soldat de la paix malawite de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo, mort après avoir sauvé son camarade Casque bleu tanzanien lors d’une attaque dans l’est de ce pays. Cependant, la médaille du capitaine Mbaye Diagne, pour son courage exceptionnel, a été remis au défunt soldat du Malawi.

« Pour des millions de personnes qui se trouvent dans les situations de conflit dans leurs pays, le maintien de la paix est une exigence porteuse d’espoir. Œuvrons donc ensemble afin que le maintien de la paix soit plus efficace pour protéger les populations et promouvoir la paix », a déclaré encore le secrétaire général de l’ONU.  

En effet, selon l’ONU, au cours des vingt dernières années, la protection des civils a été de plus en plus au cœur de ses opérations de maintien de la paix. Cela se justifie par le fait qu’aujourd’hui, environ 90 % de soldats de la paix sont déployés dans huit opérations de maintien de la paix, à savoir Abyei, Darfour, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Haïti, Liban, Mali et le Soudan du Sud. Ceux-ci ont pour mandat de protéger les civils. « Ces soldats de la paix risquent leur vie au quotidien pour protéger les civils de la violence », a reconnu l’ONU.

Faisant une rétrospection sur l’historique de cette politique de maintien de la paix, le secrétaire général de l’ONU a précisé que la première mission de maintien de la paix a été établie le 29 mai 1948, lorsque le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d’un petit nombre d’observateurs militaires au Moyen-Orient. Ceci, afin de veiller au respect des accords d’armistice entre Israël et les régions arabes avoisinantes. Ce groupe d’observateurs militaires a ainsi formé l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve. A partir de ce moment, environ un million d’hommes et de femmes servent dans soixante-douze opérations de maintien de la paix ayant des répercussions directes sur la vie de millions de personnes, en protégeant les plus vulnérables dans le monde et en sauvant d’innombrables vies. « Les Casques bleus aident les pays dans leur transition de la guerre à la paix », a signifié Antonio Guterres.

Quatre-vingt-huit mille militaires, policiers et civils déployés dans le monde

Dressant les statistiques des agents qui œuvrent dans le cadre des opérations de maintien de la paix, le responsable onusien a indiqué qu’actuellement les opérations de maintien de la paix des Nations unies comptent environ quatre-vingt-huit mille militaires, policiers et civils. Ils proviennent de cent vingt-quatre États membres, notamment treize mille civils et mille trois cents volontaires répartis dans quatorze opérations sur quatre continents.

Par ailleurs, pour l’ONU, malgré l’envergure de ces opérations, le budget du maintien de la paix représente moins de 0,5 pour cent des dépenses militaires mondiales. Alors que, le maintien de la paix s’avère être un bon investissement pour la paix, la sécurité et la prospérité mondiales. C’est pourquoi, l’an dernier, le secrétaire général de l’ONU avait lancé une nouvelle initiative intitulée "Action pour le maintien de la paix". Elle vise à restructurer les activités de maintien de la paix en faisant preuve de réalisme, à rendre les missions de maintien de la paix plus fortes, plus sûres et à mobiliser un appui plus large en faveur de solutions politiques.

 

Rock Ngassakys

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