Centrafrique : la population sensibilisée aux missions de la Cour pénale spéciale

Mercredi 18 Juillet 2018 - 16:30

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Les organisations de la société civile proposent, depuis le 17 juillet, une campagne d'information à travers plusieurs activités (théâtres, discussions, mises en situation, etc.) dans le but d’informer les Centrafricains sur les actions de la juridiction qui vient d'être créée. 

Acteurs clés de la sensibilisation qui vient d'être lancée, les organisations de la société civile ont été formées par la Cour pénale spéciale (CPS). Elles sont au nombre de huit à avoir été sélectionnées pour travailler dans la capitale et dans une dizaine de chefs-lieux de préfecture.

Le procureur spécial adjoint de la CPS, Alain Ouaby Bekai, s’est adressé à elles en ces termes : « Ce travail de sensibilisation aura le mérite de présenter la Cour, les actions qui sont menées jusque-là et les actions à venir. Vous devrez, à mon avis, informer la population, la préparer à comprendre, à collaborer et à accepter la Cour spéciale. La Cour vous sait capables pour réussir cette mission délicate et vous assure de tout son soutien ».

Plus de quatre-vingts activités sont prévues, la majorité dans la capitale, les régions restant difficiles d'accès pour des questions logistiques et sécuritaires. Au PK5, l'Association de la jeunesse islamique centrafricaine mènera des actions.

« L'importance, pour nous, c'est d'encourager les membres de la communauté musulmane à faire confiance en la justice, à aller vers elle, parce que sans la justice on ne peut rien et puis la crise va continuer », a affirmé le président de cette organisation, Moustapha Younous. « Donc, il faudra que les membres de notre propre communauté fassent confiance en la CPS, comme cela on va pouvoir sortir de la crise. Au niveau du PK5, il y a rupture entre la population et le centre-ville. Peut-être qu'avec la justice, les gens vont avoir le courage de briser ce cycle de violence », a-t-il ajouté.
Le rôle de cette juridiction hybride est d’appuyer les juridictions nationales, pour juger les crimes les plus graves commis dans le pays depuis 2003. La mise en place de la CPS est en cours mais elle suscite déjà beaucoup d'attentes.

Créée en juin 2015, la CPS a pour objectifs d’« enquêter, instruire et juger les violations graves des droits humains et les violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de la République centrafricaine depuis le 1er janvier 2003 », tels que défini par le code pénal centrafricain et le droit international. La CPS est devenue par le fait même le premier tribunal hybride à être créé dans un pays où une enquête de la Cour pénale internationale est déjà en cours.

Le 14 février 2017, le magistrat Toussaint Muntazini Mukimapa a été nommé procureur spécial au sein de cette Cour composée de vingt-cinq magistrats. Bien qu’hybride car composée de treize magistrats nationaux et douze internationaux, la CPS est néanmoins entièrement intégrée à l’appareil judiciaire national. Elle aura initialement un mandat de cinq ans qui pourra être renouvelé par la suite.
 

Yvette Reine Nzaba

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