Chronique : eau, environnement et développement durable

Vendredi 3 Août 2018 - 20:46

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L’eau, aussi appelé « or bleu », est le bien vital le plus précieux de notre planète. Elle constitue en ce XXIe siècle un triple enjeu pour les pays africains : environnemental, sécuritaire et sanitaire.

Le continent dispose pourtant de plus de cinq mille milliards de mètres cubes d’eau dans ses nappes phréatiques mais souffre du paradoxe de voir plus de trois cents millions de ses habitants ne pas pouvoir bénéficier d’eau potable. Sans l’eau, maintenir une bonne hygiène de vie est impossible.

Le manque d’eau accentue les problèmes sanitaires et inévitablement les tensions sociales. Mais plus important encore, la pollution de l’eau a des conséquences irréversibles sur l’écosystème marin et sur la chaîne alimentaire. Trois points importants sont à relever concernant l’eau : sa consommation, son épuisement et la pollution, à la fois des eaux de surface et souterraines.

La pollution des nappes phréatiques constitue une importante réserve d’eau douce. Elle est probablement la plus préoccupante car elle survient par plusieurs méthodes. Par l’agriculture, par exemple, à cause des engrais et des pesticides utilisés qui pénètrent dans le sol et entraînent ainsi la pollution de ces nappes. La contamination des eaux souterraines est très dangereuse parce qu’impossible à traiter, rendant ainsi l’eau inutilisable.

Mais la pollution des sols n’a pas un aussi grand impact sur la pollution des eaux que celle liée aux hydrocarbures comme les marées noires qui peuvent représenter jusqu’à 40% des pollutions de l’eau. Il y a aussi la pollution aux métaux lourds comme le plomb ou le zinc, provenant des rejets industriels et qui ne sont pas biodégradables. Cette pollution est à la fois toxique et dangereuse pour la santé car elle est présente tout au long de la chaîne alimentaire.

En matière de pénurie d’eau, l’Afrique présente un bilan et des perspectives contrastés à l’horizon 2025. Elle regroupe, en effet, des pays dont les ressources en eau sont en dessous de 500 m3 par habitant et par an. Parmi les pays concernés par cette ligne de démarcation pour 2025 on trouve Djibouti, la Somalie, le Kenya ou encore l’Égypte. En Afrique de l’ouest, des zones sous-régionales sont également menacées par un manque d’eau chronique. En cause, la superficie du lac Tchad passée de 25000 km2 en 1950 à 1500 km2 au début des années 2000.  Ce qui menace l’alimentation en eau de plus de vingt millions de personnes réparties sur quatre pays limitrophes : le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.

Les pays africains doivent investir dans les infrastructures de long terme, notamment en construisant des stations de traitement d’eaux usées, en renouvelant les conduites d’alimentation et en réhabilitant des stations de potabilisation. Plus encore, une absence de prise en compte adaptée concernant les problèmes d’eau comme la protection des ressources en eau, accès à l’eau, le développement de l’assainissement, etc., peut clairement poser un problème de stabilité régionale et de sécurité collective sur le long terme. Ensuite, il est impérieux de rendre encore plus efficientes les sociétés nationales d’eau et d’assainissement, tout en cherchant à étendre les modèles de partenariat public privé quand les opportunités existent.

Face aux défis imposés par la diminution des ressources en eau, l’Afrique dispose de grands atouts et de formidables capacités d’adaptation avec la jeunesse qui la compose et la croissance économique qu’elle connaît depuis plusieurs années, pour trouver des réponses appropriées à cette problématique. L’eau n’est plus seulement un sujet de développement durable en Afrique mais de plus en plus, une problématique de sécurité collective.

N’oublions pas que le continent recèle des trésors en matière « d’or bleu ». Le Bassin du Congo offre, par exemple, d’importantes réserves d’eau douce, représentant à lui seul près de 30 % des ressources en eau douce de l’Afrique.

Boris Kharl Ebaka

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