Chronique : penser à la reforestation du Bassin du Congo

Vendredi 30 Août 2019 - 13:49

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Depuis quelques semaines, l’Amazonie est ravagée par d’importants feux de forêt. Face à l’urgence environnementale que constitue cette situation, les pays du G7 réunis en France se sont mis d’accord pour débloquer une aide d’urgence de vingt millions de dollars afin d’envoyer des bombardiers d’eau en Amazonie pour freiner ces feux de forêt.

Si les incendies en Amazonie font la une de l’actualité, il est important de savoir que les feux de forêt dans le Bassin du Congo, notamment en Angola, République démocratique du Congo, Zambie, au Congo et en Tanzanie, sont plus denses et plus nombreux qu’en Amazonie. Les incendies auxquels ces pays font face sont d’ailleurs un mal chronique. Ils résultent en grande partie d’une pratique agricole, la « culture sur brûlis », une méthode d’agriculture ancestrale perpétuée par les paysans locaux qui consiste à bruler le bois coupé, puis à laisser reposer les cendres sur le sol pour le rendre plus fertile.

Il faut noter que ces incendies ne sont pas des accidents, contrairement à la situation en Amazonie. C’est le résultat d’un grand nombre de petits incendies, provoqués par des agriculteurs modestes dans le cadre d’une agriculture familiale et traditionnelle. Le problème est que nombre de ces incendies échappent à tout contrôle. Par ailleurs, cette pratique représenterait selon des chiffres, un quart des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

La situation des forets du Bassin du Congo est donc à regarder avec une grande attention, parce que les agriculteurs de cette région sont confrontés à l’absence de développement agricole. Ces derniers n’ont pas d’autres choix. Ils ne peuvent pas aller vers un autre modèle agricole et passer sur un système intensif de l’exploitation. Ils n’ont pas accès aux fertilisants ou à du matériel développé. Beaucoup n’ont pas non plus accès à un savoir technique. Ils continuent au détriment des écosystèmes naturels.

Aujourd’hui, il faut savoir que la culture sur brûlis est doublement négative pour l’environnement. Elle libère énormément de Co2 dans l’atmosphère et les surfaces brûlées ne peuvent plus contribuer à absorber et à capter le CO2 atmosphérique. Au moment où la prochaine assemblée générale de l’ONU s’apprête à se pencher sur les questions climatiques et environnementales, il est temps de ne pas seulement focaliser toute l’attention à trouver des ressources financières pour la reforestation de l’Amazonie, mais aussi pour celle du Bassin du Congo.

Pour mesurer la gravité de la situation des forêts en Afrique centrale, retenons pour terminer ce chiffre publié par l’agence spatiale européenne : 70 % des terres brûlées chaque année sur la planète se trouvent en Afrique subsaharienne et principalement dans le Bassin du Congo.

Boris Kharl EBAKA

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