Climat : Greta Thunberg personnalité de l’année du magazine Time

Jeudi 12 Décembre 2019 - 12:27

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Après avoir « raté » le prix Nobel de la paix, la militante suédoise est devenue, le 11 décembre, à 16 ans, la plus jeune « personnalité de l’année » de la revue américaine, témoin de sa capacité à mobiliser des millions de personnes à travers le monde autour de la bataille pour le climat.

Jamais le magazine américain, qui décerne son titre depuis 1927, n’avait honoré quelqu’un d’aussi jeune.

« Wow, c’est incroyable, je partage ce grand honneur avec tous ceux du mouvement #FridaysForFuture et les militants du climat partout », a réagi Greta Thunberg sur Twitter après l’annonce, depuis la conférence sur le climat COP25 de Madrid où elle se trouve.

L’ex-président américain, Barack Obama, via sa fondation, et son ex-secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, ont salué le choix du magazine. « Personne n’est trop petit pour avoir un impact et changer le monde », a tweeté la fondation Obama. « On ne pouvait pas trouver mieux comme personnalité de l’année », a abondé Hillary Clinton, également sur Twitter.

Depuis qu’elle a commencé en août 2018 à faire grève, seule, tous les vendredis devant le parlement suédois, « Greta », comme tout le monde l’appelle, a inspiré des foules croissantes de jeunes et de moins jeunes, prêtes à descendre dans la rue tous les vendredis dans le cadre des #FridaysForFuture afin de réclamer aux dirigeants du monde entier de prendre des mesures radicales pour limiter le réchauffement de la planète.

La démonstration en a été faite en septembre, lorsque des manifestations monstres ont noirci les rues de villes de tous les continents, tirant la sonnette d’alarme juste avant un sommet de l’ONU sur le climat.

Lors de ce sommet, l’adolescente était intervenue à la tribune avec un discours cinglant dénonçant l’inaction des puissants de la planète, martelant son discours de « Comment osez-vous ? » accusateurs.

Des images d’elle tançant d’un regard noir le président américain, Donald Trump, climato-sceptique qui a fait des Etats-Unis le seul pays de la planète à s’être retiré de l’accord de Paris sur le climat, avaient aussi fait le tour du monde.

Tout cela faisait d’elle la favorite des bookmakers pour le prix Nobel de la paix, décerné en octobre dernier. A l’annonce de la remise du prix au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, l’adolescente n’avait montré aucune déception, poursuivant imperturbablement son périple en Amérique du Nord pour alerter sur l’« urgence climatique ».

Scolarité interrompue pour poursuivre sa bataille du climat

Greta Thunberg a interrompu cette année sa scolarité pour voyager, privilégiant les moyens de transport zéro carbone, véhicules électriques, trains et bateaux. C’est après quinze jours de traversée de l’Atlantique en voilier qu’elle avait débarqué à New York en août, et c’est sur un autre voilier qu’elle est repartie en novembre pour l’Europe, à chaque fois avec l’aide d’admirateurs bénévoles.

A la COP25, elle a dénoncé une fois encore le manque de leadership des dirigeants mondiaux, qui tardent à accoucher d’engagements efficaces pour réduire les émissions. Greta Thunberg, qui a dit publiquement souffrir d’une forme légère d’autisme, tient partout le même discours, même si sa frustration semble avoir augmenté ces derniers mois, au fil de rencontres avec des dirigeants qui n’ont débouché sur aucun geste radical pour le climat.

Pour ses partisans, cette obstination fait sa force. Mais pour ses détracteurs, nombreux également, elle ne fait que se répéter et ferait mieux de retourner à l’école. Certains l’attaquent parfois violemment via les réseaux sociaux, la taxant de naïveté, d’exagérer la gravité de la crise climatique ou même de l’inventer, ou encore de chercher le vedettariat. L’adolescente s’est efforcée de calmer le jeu, invitant notamment les plus de trois millions de personnes qui la suivent sur Twitter à ne réagir aux insultes que par des messages positifs.

Le magazine Time l’a choisie parmi cinq autres finalistes: Donald Trump, la cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi, la star de l’équipe des Etats-Unis féminine de football Megan Rapinoe, l’agent de la CIA qui a averti du coup de téléphone entre Donald Trump et le président ukrainien, à l’origine de procédure en destitution du président, et les manifestants pro-démocratie de Hong Kong.

En 2018, c’est le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tué en octobre de la même année au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, qui avait été désigné à titre posthume par le magazine, avec d’autres journalistes symbolisant la quête de la vérité et les risques qu’ils prennent pour l’obtenir.

En 2017, la distinction avait également été remise à titre collectif, aux personnes qui avaient « brisé le silence » face aux agressions sexuelles, déclenchant le mouvement #MeToo à travers le monde.

 

 

Nestor N'Gampoula et AFP

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