Confinement : la population désabusée par les failles constatées dans la réglementation des marchés

Mardi 14 Avril 2020 - 16:30

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Les vendeuses et vendeurs du marché de Texaco, dans le sixième  arrondissement de Brazzaville, Talangaï, ont connu des incomprehensions le  13 avril  avec les agents de l’ordre, au sujet de l'heure exacte de la fermeture des marchés domaniaux imposée par le gouvernement suite au Covid-19.                           

Les mesures prises par le gouvernement en ce qui concerne la réduction de la propagation du Covid-19 , pourtant salutaires, ont  été entachées par les bavures ou excès de zèle des éléments de la force de l'ordre, notamment dans leur application.  En effet, les policiers reprochent aux vendeuses et vendeurs le non respect de l'heure de la  fermeture des marchés fixée désormais à 14heures au lieu de 16 heures. Ils se précipetent de les menacer en les chicottant, sans tenir compte que les vendeuses et vendeurs font face au problème de transport pour arriver à temps  dans les marchés à cause de l'interdiction des transports en commun .                            

Depuis le début du confinement,ils  se livrent à des corvées journalières pour pouvoir se ravitailler en denrées alimentaires et subvenir aux besoins des populations.  Pour la plupart, des légumes, de la tomate, bref, tous les aliments de première nécessité sont transportés en mains où en brouettes, créant un spectacle interminable des va-et-vient.

« Nous avons acceptés trois jours, il n’y a pas de problème. Cependant, nous sollicitons tous qu'on puisse prolonger l'heure de la fermeture des marchés. Lorsqu'il s'agit de se conformer à la loi, on le fait. Mais lorsque les agents de l'ordre se mettent à molester la population, ce n'est pas normal. Les agents de l'ordre  ont l'obligation de sensibiliser la population aux mesures gouvernementales au lieu de la  violenter », a lancé une mère de famille.                              

Ayant vécu la situation, un des chefs de bloc du quartier 63 de l' arrondissement 6 Talangaï, s'est exprimé en ces termes : « Je vous donne un exemple palpable sur les mamans qui vendent des poissons d'eau douce. Les  pêcheurs accostent au port de Yoro souvent vers dix heures ou onze heures.  Après l'achat des poissons, les vendeuses  arrivent au marché vers douze heures. Le temps qu’elles s'installent et commencent à vendre, les minutes passent. Tout dernièrement, nous avions vu à la télévision nationale, les mamans qui ont perdu leurs stocks de poissons devenus avariés, tout simplement, parce qu’ils n’ont pu les vendre en temps réel. Nous pensons que c’est ce qu’il ne faut pas faire », a-t-il déploré.

Il y' a  femmes qui quittent Ngamakosso, Total, Lycée Thomas Sankara pour aller acheter des maniocs ou autres produits un peu plus loin de leurs lieux de résidence. Elles arrivent souvent en retard dans leurs marchés respectifs, parce que les moyens de transports en commun sont interdits de circuler.

Il a pris également l'exemple des pains de  manioc qui, après deux jours, ne peuvent plus être consommables. Face à cette situation,  les vendeurs sollicitent du ministre de l'Intérieur et de la décentralisation, de prendre de nouvelles dispositions en ce qui concerne l'heure de fermeture des marchés. Cela leur  permettrait également d’éviter de nombreuses incomprehensions avec les agents de la force publique.

Guillaume Ondzé

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