Congo-Brazzaville : 67 ans d’une littérature féconde

Dimanche 16 Août 2020 - 14:25

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

A côté de la rumba, la sape et la peinture, la littérature est d’un secteur culturel qui fait la fierté de la République du Congo. Le nombre croissant d’écrivains congolais dénote le niveau d’instruction d’une population qui a bénéficié historiquement d’un taux élevé de scolarisation. A 60 ans d’indépendance déjà, le pays regorge de tout un bassin de livres publiés par ses dignes filles et fils.

Jean Malonga inaugure le catalogue littéraire congolais avec deux romans, Cœur d’Aryenne écrit en 1947 mais édité en 1953, perdu de vue sur le marché et réédité en 2015 par les éditions avec le concours de l’écrivain Henri Djombo, et La légende de Mpfumu ma Mazono en 1954. Chez les dames, le compteur livresque sera ouvert après deux décennies, en 1980 par Marie-Léontine Tsibinda, épouse du poète Jean-Blaise Bilombo Samba, et Amélia Néné, qui fut l’épouse du poète Jean-Baptiste Tati Loutard. La première commence avec deux recueils de poèmes, Mayombe, puis Poèmes de la terre, avant de s’intéresser plus tard à d’autres genres dont les titres sont à découvrir dans son blog « Tsibinda Bilombo ». La seconde, Amélia Néné publie Fleurs de vie (poésie) en 1980, son deuxième recueil de poésie ne sera publié qu’à titre posthume en 1998, soit deux ans après sa disparition.

En dehors de ces précurseurs, il y a aussi d’autres pionniers, les poètes Martial Sinda dans son Premier chant de départ en 1955 et Tchikaya U Tam’si dans Le mauvais sang paru la même année. Grâce au théâtre scolaire et aux troupes des églises, le genre dramatique connaîtra une certaine popularité avec des auteurs comme Gaston Guy Bikouta Menga dans La Marmite de Koka Mbala en 1966 et L’Oracle en 1967, Patrice Lhoni dans L'annonce faite à Mukoko, Quand le bras est malade, Matricule 22, Les Trois francs, La tragédie de Tchimpa Vita. Maurice Battambika publie à cette période Le maître d’école a tué sa femme et Ferdinand Mouangassa enchaîne avec Nganga Mayala et Les Apprivoisés.  

 De 1970 jusqu’à nos jours

La littérature congolaise a connu un grand essor avec une floraison de plumes matures qui embrassent une diversité de genres, poésie, théâtre, monologue, roman, récit, polar, essai, nouvelles, chroniques, contes et anthologie. Le rayonnement de cette littérature a traversé les frontières du continent car beaucoup d’écrivains congolais se sont vu décerner des prix littéraires internationaux. Et certains font partie des auteurs au programme en Afrique et ailleurs.

En poésie, le style roi, on note indistinctement quelques titres. Poèmes de la mer et Les Racines congolaises de Jean-Baptiste Tati Loutard, Stèles pour l’avenir de Théophile Obénga, Toi le possible chimérique de Maxime N’Débéka, Ces visages noirs du pays qui tue de Matondo Ku Bu Turé, Sandales retournées de Philippe Makita, Hors la nuit de Jean Blaise Bilombo Samba, Ne plus voir d’Omer Massem, Nous sommes en guerre de David Gomez Dimixson, Mon doux peuple de Gaëtan Ngoua, Gerbes de fleurs de Neil Davis Batchi, La parole est après le chemin de Gabriel Mwènè Okoundji, A Batons rompus de Benoît Moundélé-Ngollo, Hérésiarque toute la lyre d’Émeraude Kouka, Mes Prémices de Princilia Ndongo, La tête au ciel les pieds sur terre d'Abraham Ibéla Ndonghasseinguet, La rage du désespoir de Clotaire Maniongui, Clair-Obscur de Jocel Sakala Sabi, L’écume des maux de Pensée Sem Essé-Nsi, La survivance des lumières de Malachie Cyrille Roson Ngouloubi, Danse des silhouettes de Sauve-Gérard Ngoma Malanda. 

Une floraison de pièces de théâtre et de roman

Concernant les pièces de théâtre et monologues, on trouve entre autres Conscience de Tracteur de Sony Labou Tansi, Tarentelle noire et diable blanc de Sylvain Bemba, Les Aryens d’Antoine Letembet-Ambily, Labyrinthes de Florent Sogni Zaou, Mon patron n'est pourtant pas un Blanc d’Yvon Wilfride Lewa-Let Mandah, Homme d'Etat d’Ing. Weldy Telemine Kiongo, ça pète les plombs de Russel Morley Moussala, Taradh et les enfants musiciens de Pascal Tchibouanga, Djiha de Gabriel Entcha-Ebia, Crime de grossesse d'Issan Giska Ntsila, Nigritie enchaînée de Milandu-Bashinga, Le Rêve têtu de Mapinda de Leslynna Bery, La croix de mon continent de Duval Moukoueri Gambou, Au cœur du vent de Landry-Pascal Goma, Tremblement de terre au ministère des Affaires alimentaires de Pierre Ntsemou, Et pourtant…Somniloquie d’une réfugiée de guerre d’Aubin Banzouzi, Postite de Jean Marie Bamokena.

A propos des romans, récits et polars, on retient quelques titres, Le Pleurer-Rire d’Henri Lopès, Les Exilés de la forêt vierge de Jean-Pierre Makouta-M’Boukou, Le Feu des origines d’Emmanuel Boundzeki Dongala, L’Exil ou la tombe de Tchichelle Tchivela, Lettre à un étudiant africain de Dominique Ngoïe Ngalla, La chaise dorée de Bevic, L’homme zéro de Dirami Nsadi Hekassoukini, Cette autre famille de Claude Emmanuel Eta-Onka, Qui a tué Thomas Sankara ? de Willy Gom, Couleurs équatoriales de Benjamin Mankedi, Le labyrinthe des roses de Raymond Loko, Le Pardon de Jean Dello, Sur la braise d’Henri Djombo, La saison des criquets de Ferdinand Kibinza, Sous le charme des courtisanes de Georges Mavouba Socate, Les gens de chez nous de Raymond Ibata, La déchirure de Bernard Bakana Kolélas,  Un Africain dans un iceberg de Zounga Bongolo, Un Yankee à Ganboma d’Habib Marius Nguié,  L’envol de Valérie Sana, Mon labyrinthe de Destinée Doukaga, L'envers du décor de Huguette Nganga Massanga, Chêne de Bambou de Liss Kihindou, Les caprices de Monna Lisa de Ramsès Bongolo, Entre le bois et l’écorce de Rosica Ebondzo, La religion des misanthropes de Floriane Moutinou, Le prix du péché d’Aline Olga Lonzaniabeka, La place mariale de Davy Oko-Elenga, La colère du fleuve de Prince Arnie Matoko, Le rendez-vous de Mombin-crochu d’Alfonsine Nyélénga Bouya, Lumières de Pointe-Noire d’Alain Mabanckou.

Les recueils de nouvelles et contes sont aussi nombreux

 à l’image de ces titres, Tribaliques d’Henri Djombo, Chroniques congolaises de Tati Loutard, Héros sans gloire de Joseph Onongo Ebanza,  Que justice soit faite»  de Richard-Gérard Gambou, L’aveu de Prestige Itsoukou, L’absurdité de la vie de Ludovic Julien Kodia, Une peur morbide de Jessy E. Loemba, Les nouvelles d’Eloïse de Gilda Rosemonde Moutsara-Gambou, La voix d’une femme qui espère d’Alima Madina, Les Prédateurs de Winner Dimixson Perfection,  Aurore de Jérôme Nzoussi, Le Bourbier de Gigi Love, Le silence de la tombe de Virginie Awe, Ça c’est Brazza de Bienvenu Boudimbou.

La littérature congolaise s’enrichit également des essais et de quelques rares anthologies dont Nouvelle Anthologie de la littérature congolaise de Jean-Baptiste Tati Loutard et Philippe Makita, Dictionnaire des œuvres littéraires congolaises et Anthologie analytique de la nouvelle génération des écrivains congolais de Noël Kodia Ramata, Dictionnaire général du Congo Brazzaville de Philippe Moukoko, Plumes fécondes la beauté de la littérature congolaise et d’ailleurs, Pouvoir et sexe dans la littérature congolaise d’Aubin Banzouzi, Les ordonnances d’outre-tombe de Julien Makaya, Désir d’Afrique de Boniface Mongo-Mboussa, Lettre à la République de Davis Sianard, Luttons tous contre l’ennemi invisible (Anthologie de poésie contre la covid-19) d’Exaucé Elvin Ngaba Nsilou et Ferréol Ngassakys… En 67 ans de littérature, le record de la plus jeune écrivaine congolaise échoit à Calissa Ikama qui a publié Le Triomphe de Magalie son premier ouvrage à 14 ans, en classe de 4e au collège.

Aubin Banzouzi

Légendes et crédits photo : 

Une portion d'ouvrages de la librairie Les Dépêches de Brazzaville

Notification: 

Non