Consultations : la dernière ligne droite

Mardi 17 Novembre 2020 - 16:28

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Les rideaux pourraient tomber cette semaine pour consacrer la fin des consultations entamées, depuis le 2 novembre, par le chef de l‘Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

A quoi les Congolais pourront-ils s’attendre à l'issue de ces contacts directs entre le Premier des Congolais et ses différents invités qui, près de deux semaines durant, se sont relayés au Palais de la nation ? En tout cas, au stade actuel, tout ce qu’on peut avancer ne peut qu’être approximation et supputation. Dans la ville haute, rien ne filtre sur les grandes décisions que le chef de l’Etat est appelé à prendre. Les prochains jours seront visiblement ceux de toutes les attentes mais aussi de toutes les illusions. Félix Tshisekedi risquerait de surprendre en frappant là où on ne l’attendait pas, lui qui avait déjà alerté sur le fait qu’aucun cas de figure n’est à exclure.

La perspective d’un rabattement des cartes au sein de la chambre basse du Parlement est l’un des grands acquis de ces consultations avec, à la clé, l’inversion quasi inévitable des rapports de forces en faveur de Félix Tshisekedi. Hier réduite à une simple vue de l’esprit, « l’Union sacrée de la nation » a fini par prendre corps à la faveur desdites consultations. La transhumance de plusieurs députés de la « kabilie » en rupture de ban avec le FCC continue de renforcer le poids politique de Félix Tshisekedi à l’hémicycle. Les adhésions à l’Union sacrée se font à un rythme effréné au point de créer une certaine psychose dans les rangs du FCC qui peine à gérer ses ouailles.  

En cherchant à s’affranchir de la coalition contreproductive FCC-Cach et, surtout, à  requalifier la majorité parlementaire au profit de l’Union sacrée, Félix Tshisekedi aura émis la preuve de son aspiration au changement véritable. Devrait-il continuer de respecter un accord privé dont l’exécution est à son désavantage ? Que non. Dans un gouvernement de coalition où le FCC contrôle près de deux tiers des portefeuilles et où les intérêts divergent trop, sans parler d’un Parlement récalcitrant aux ordres de la « kabilie », Félix Tshisekedi est appelé, en tant que garant du bon fonctionnement des institutions,  à prendre des décisions courageuses pour refonder l’action gouvernementale, et se donner une bonne marge de manœuvre pour réaliser son programme quinquennal. Alors qu’il est en train de tisser progressivement sa toile pour un contrôle total des leviers du pouvoir, Félix Tshisekedi doit frapper dur en allant dans le sens des sollicitations recueillies durant les consultations.

Entre maintien ou rupture de l’alliance FCC-Cach, cohabitation, dissolution de l’Assemblée nationale, ou encore recomposition de la majorité parlementaire et mise en place d’un nouvel exécutif national, il devra faire le choix de la raison en privilégiant la piste la plus plausible et la plus réaliste, qui cadre avec les aspirations du peuple congolais au mieux-être, sans énerver la Constitution.   

Alain Diasso

Notification: 

Non