Coopération Congo/HCR : les autochtones de Gamboma informés de l’importance de l’acte de naissance

Lundi 12 Novembre 2018 - 18:30

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La mission mandatée par l’agence pays du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a sensibilisé, du 11 au 12 novembre, la communauté des autochtones du district  à la nécessité d’obtenir un acte de naissance pour les enfants.

Le message relayé par la mission aux communautés autochtones consiste à leur expliquer les méfaits du manque d’un acte de naissance, les processus d’obtention et les avantages qu’offre cette pièce d’état-civil.

La communication mandatée par l’agence pays du HCR se résume par des courts messages du genre : « Un enfant, un acte de naissance », « Un acte de naissance égale à une nationalité », « Attention, l’apatridie nous guette », « Déclarer les naissances, c’est protéger ses enfants », « Un apatride est inconnu » et autres.

Sur les cent soixante neuf villages que compte le district de Gamboma, les autochtones sont repartis dans plusieurs dizaines de villages situés sur quatre axes, notamment Gamboma-Brazzaville (Gobana, Ossio, Ognabwa, Nkan), Gamboma-Abala (Mbin-Poh, Ollouo) et Gamboma-Ollombo (Bénè, Mbouemo, Egnama).

« Plusieurs délégations viennent pour nous parler de l’importance de l’acte de naissance. Mais nous sommes déçus parce qu’après avoir recueilli et fourni toutes les données possibles, les actes de naissance ne nous parviennent pas. Il y a plusieurs centaines d’autochtones qui vivent encore dans les villages éloignés et très isolés, pour ceux-là, l’obtention d’un acte de naissance relève du miracle », a expliqué Honoré Nguié, chef de quartier Bénè.

Pour ces autochtones, peu émancipés, le manque d’acte de naissance découle pour certains de l’éloignement de leurs villages. Par contre, les services de la mairie de Gamboma affirment que les autochtones pratiquent encore des accouchements à domicile dans leurs campements et ne se rendent pas à l’hôpital pour obtenir une déclaration de naissance.

Outre l’éloignement et l’éparpillement de ces villages, la communauté urbaine de Gamboma ne compte que deux principaux centres d’état-civil. Les onze centres d’état civils secondaires qui existaient dans le passé sont quasiment inexistants pour rapprocher l’administration des administrés.

À Gamboma-centre, les services de la communauté urbaine confirment que dans le cadre du recensement à vocation d’état civil, il y a plusieurs jeunes bantous qui n’ont pas encore d’actes de naissance. En rapport avec les différents quartiers, on note respectivement à Mbambié (642), Agnié (485), Komo (342), Nkéni (670),  Mpaire I (725), Louara (483) et Mpaire II (920).

A en croire les interventions des autochtones Maurice Okana, Jacques Akouala et Jacques Alouaba, le processus d’obtention des déclarations de naissance, réquisitions, jugements, renouvellement des stocks de registres ainsi que le processus de leur conservation reste encore compliqué et lourd dans les circuits administratifs congolais.  

« Nous, les pères de famille, et nos épouses âgés avant aussi besoin des actes de naissance pour avoir le travail et envoyer nos enfants à l’école car ils doivent confirmer leur citoyenneté. Que l’Etat pense à nous aussi… », a plaidé Jacques Alouaba.

Notons que Bénè, huitième quartier du district de Gamboma, compte actuellement plus de cinq cent deux habitants autochtones représentant quatre vingt-sept ménages et soixante-trois d’entre eux n’ont pas d’actes de naissance.

Fortuné Ibara

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