Coronavirus : Donald Trump interdit l’entrée aux États-Unis des voyageurs venant des pays européens

Jeudi 12 Mars 2020 - 15:45

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Le président américain vient de prendre des mesures consistant à interdire aux voyageurs en provenance de l’Union européenne l'entrée aux Etats-Unis, pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

 

« Pour empêcher de nouveaux cas de pénétrer dans notre pays, je vais suspendre tous les voyages en provenance d’Europe vers les États-Unis pour les trente prochains jours », a précisé Donald Trump, déplorant que l’Union européenne n’ait pas pris « les mêmes précautions » que les États-Unis face à la propagation du virus.

Cette mesure qui entrera en vigueur le 13 mars à minuit, ne concernera pas le Royaume-Uni, a précisé le président américain. Elle s’appliquera à toute personne ayant séjourné dans l’espace Schengen au cours des quatorze jours précédant leur arrivée prévue aux États-Unis, à l’exception des citoyens américains et des résidents permanents.

Peu avant, Donald Trump a laissé entendre que les cargos en provenance d’Europe pourraient aussi être concernés mais la Maison Blanche a précisé par la suite que cela n’était pas le cas. Dans son allocution, le président américain a qualifié le nouveau coronavirus de « virus étranger ».

Il y a quelques jours, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait provoqué une polémique et l’ire de Pékin, en parlant de « virus de Wuhan ».

Donald Trump a conclu son discours en martelant sa conviction que l’avenir des États-Unis restait « plus radieux que personne ne peut l’imaginer  ». Le président américain est accusé par des élus démocrates de vouloir minimiser à tout prix l’ampleur de la crise sanitaire à venir, et d’envoyer des messages confus, parfois en contradiction avec ceux des autorités sanitaires. Par ailleurs, il a appelé le Congrès américain à adopter rapidement une réduction des taxes sur les salaires pour aider les ménages américains à surmonter l’impact économique du coronavirus. Cette proposition faite par son administration en début de semaine n’a pas eu un écho très favorable auprès des élus, y compris de son propre parti.

Le président américain a aussi annoncé le report de la date butoir de paiement des impôts pour certains individus et entreprises, qui devraient permettre selon lui de réinjecter deux cents milliards de dollars de liquidités supplémentaires dans l’économie.

Wall Street a connu une nouvelle séance noire mercredi : le Dow Jones Industrial Average s’est effondré de 5,87 %, et le Nasdaq a perdu 4,70 %.

Quelques heures avant l’allocution présidentielle, le directeur des Centres de détection et de prévention des maladies (CDC), Robert Redfield, avait estimé que le principal risque de propagation de la maladie pour les États-Unis venait d’Europe. « La vraie menace pour nous, c’est désormais l’Europe .C’est de là qu’arrivent les cas. Pour dire les choses clairement, l’Europe est la nouvelle Chine », avait-il affirmé. 

En début février, Washington avait provisoirement interdit l'entrée aux Etats-Unis des non-Américains s'étant récemment rendus en Chine. Le président Trump a longtemps invoqué cette décision drastique pour assurer que la propagation de la maladie était sous contrôle sur le territoire américain.

Le département d’État a aussi exhorté les Américains à éviter tout voyage à l’étranger « en raison de l’impact mondial du Covid-19 ». Selon la diplomatie américaine, les Américains qui se rendent hors des États-Unis risquent également de se retrouver coincés car de nombreux pays, y compris ceux où aucun cas de coronavirus n’est encore signalé, « peuvent restreindre les déplacements sans préavis ».

Le 11 mars déjà, les États-Unis ont dépassé la barre des mille deux cents cas d’infection au nouveau coronavirus, et trente-huit personnes en sont mortes, selon les statistiques de l’Université américaine Johns Hopkins.

Yvette Reine Nzaba

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