Coronavirus : effets collatéraux, Jean-Claude Ganga décède avant son retour en France

Dimanche 29 Mars 2020 - 17:45

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Il y a eu des décès, il y en aura malheureusement d’autres en dépit des différentes mesures prises par les gouvernants de par le monde pour faire barrage au Covid-19. L’ancien ministre des sports et ambassadeur du Congo en Chine Jean-Claude Ganga, en séjour familial au Congo, est décédé, à 86 ans, le 28 mars, sans avoir pu s’en retourner en France, les frontières étant fermées de part et d’autre

Visite du secrétaire général du Conseil suprême africain Jean-Claude Ganga en URSS. Jean-Claude Ganga lors d'une réunion avec des membres du personnel de l'Académie des sciences de l'URSSJean-Claude Ganga avait accompagné au Congo la dépouille mortelle de son épouse décédée en France le 2 mars dernier. Alors qu’il prévoit son retour en France où il réside, il se retrouve confronté à la fermeture des frontières internationales. Le 28 mars, il décède à son tour à Mbouono-Kimpuomo, son domicile de la périphérie sud de Brazzaville.

De cet illustre personnage, le sport en Afrique regorge de traces. Il est l’ancien secrétaire général du CSSA (Conseil supérieur du Sport africain), poste occupé de 1968 à 1980. Il est aussi l’ancien président de l’ACNOA (Association des Comités Olympiques nationaux d’Afrique) de 1986 à 1999, puis, ancien membre du CIO, également ancien ministre des sports. Il aura parcouru le monde entier et côtoyé les grands de ce monde.

En tant que membre du CIO, il a lutté à sa manière contre l’Apartheid, cette ségrégation qui sévissait en Afrique du sud. Certes, le pays de Nelson Mandela faisait partie du CIO et il n’en était pas exclu ! Mais le Congo, par la voix de Jean Claude Ganga, avait décidé que l’Afrique du sud ne serait pas conviée aux Jeux africains. Et pour cause : le pays pratiquait l’Apartheid jusque dans le Sport.

Tout ceci est connu et cautionné dans les annales de l’histoire du sport africain. C’est ce qui fait dire à Joseph Gabio que : "Le sport africain lui doit une fière chandelle"… Et si le Congo avait un panthéon, il y aurait vraisemblablement été admis.

Du côté du Japon, l’ambassadeur du Congo, Félix Ngoma, retient de lui l’image d’un homme méthodique rigoureux, travailleur, et surtout adepte du travail bien fait.

Il porte son hommage en ces termes : « Certes, il n’était pas diplomate de carrière, mais sa riche expérience accumulée à l’international, notamment au Conseil Supérieur du Sport en Afrique, lui avait permis de dominer la mission que lui avait confiée le Président de la République Denis Sassou N'Guesso ».

Poursuivant son hommage, il ajoute qu’il a contribué de façon significative au développement des rapports multiformes de coopération entre la République populaire de Chine et la République du Congo.

Dans la continuité de ces bonnes relations, sur instructions du Chef de l’État Denis Sassou N’Guesso, relayées par le ministre à la Présidence, ministre de la Coopération de l’époque, Aimé Emmanuel Yoka, l’ambassadeur Jean-Claude Ganga fût l’un des artisans de la réussite des festivités organisés à Beijing en février 1984, à l’occasion de la célébration du vingtième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Une forte délégation congolaise, conduite par le Ministre de la coopération, y avait pris une part active.

« En somme, » ajoute l’ambassadeur du Congo au Japon, « cela a été pour moi une belle opportunité et un délice de l’avoir eu comme premier chef au début de ma carrière et je lui serais toujours reconnaissant de m’avoir inculqué la valeur du travail, et surtout du travail soigneusement réalisé ! ».

Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Photo : Visite du secrétaire général du Conseil suprême africain Jean-Claude Ganga en URSS. Jean-Claude Ganga lors d'une réunion avec des membres du personnel de l'Académie des sciences de l'URSS Crédit : Vyacheslav / Spoutnik via AFP

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