Coronavirus: les fausses informations, l'épidémie dans la pandémie

Vendredi 20 Mars 2020 - 18:45

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Théories du complot, traitements inappropriés ou faux conseils de prévention : la propagation éclair de fausses informations en tout genre sur le nouveau coronavirus nuit au combat des autorités pour endiguer la pandémie.

Dès février, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur l'"infodémie massive" qui entourait le Covid-19, à savoir une surabondance d'informations, qui ne sont pas toujours vraies ou exactes.

"On voit les mêmes canulars apparaître en Asie, en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique latine, à quelques heures de différence", explique Cristina Tardaguila, directrice associée du réseau international de factchecking IFCN, dont les membres présents dans 45 pays mettent en commun leurs articles.

"On a gagné des batailles avec des faux qui ont cessé de tourner mais on est en train de perdre celle concernant les faux traitements et les fausses préventions". Car, à défaut d'un traitement médical contre le coronavirus, les faux remèdes (prendre de la cocaïne, boire de l'eau de javel), les fausses recommandations (ne pas utiliser de gel désinfectant car il est cancérigène), faux numéros d'urgence ou encore faux tests de dépistage pullulent sur les réseaux.

Vitesse de réaction

Si des personnes créent et partagent délibérément du contenu mensonger, à des fins conspirationnistes - comme ces vidéos prétendant que le virus a été créé en laboratoire - ou encore commerciales - comme les faux remèdes à vendre, beaucoup relaient des affirmations sans savoir qu'elles sont fausses et donc sans malveillance.

Avec la mise en place de mesures de confinement dans plusieurs pays, le phénomène s'intensifie. De fausses informations sur ce virus apparu en Chine ont aussi provoqué la stigmatisation de groupes. En France, la communauté franco-chinoise s'est inquiétée dès janvier des amalgames xénophobes.

Selon Tarik Jasarevic, porte-parole de l'OMS, la stigmatisation peut conduire les gens à cacher la maladie pour éviter la discrimination ou encore les empêcher de demander des soins de santé immédiatement.

Plateformes poussées à l'action

Vivement critiquées, les plateformes sont poussées à agir pour casser la viralité des fausses informations et à mettre en avant des informations provenant de sources faisant autorité, telles que les centres de contrôle des maladies et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sur Google, en tête des recherches sur le coronavirus apparaissent les informations de l'OMS. Facebook s'est mobilisé sur différents fronts : la valorisation des informations fournies par des sources compétentes, la lutte contre la propagation de contenus nocifs (publicités pour des prétendus remèdes, fausses informations) et le soutien aux services de santé avec des fonds et des outils informatiques.

"Le niveau d'appels passés via WhatsApp et Messenger a doublé par rapport à d'habitude" dans les zones les plus touchées par la pandémie, a constaté mercredi Mark Zuckerberg, le patron du réseau social. WhatsApp, où a circulé de nombreux messages de "chercheurs" ou de "personnes en contact avec le gouvernement", a annoncé une subvention d'un million de dollars pour soutenir les membres de l'IFCN. Les conversations y étant privées, la messagerie aux deux milliards d'utilisateurs constitue un défi majeur dans cette lutte contre la mésinformation.

D'après AFP

Légendes et crédits photo : 

Dans le sillage de la pandémie du Covid-19, les rumeurs circulent dans le monde entier (EDUARDO SOTERAS / AFP)

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