Coronavirus. Les mesures se durcissent partout en Afrique

Mercredi 1 Avril 2020 - 11:00

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Après Lagos, Brazzaville s'est réveillée mercredi matin confinée au moment où l'Afrique intensifie ses efforts pour enrayer la propagation du coronavirus.

 

A Brazzaville mardi matin, à quelques heures du confinement annoncé pour le soir même à partir de 20 heures, les habitants de la capitale se ruaient vers les supermarchés et boulangeries pour faire des provisions, mais aussi vers les gares routières pour rejoindre leurs villages. Conséquence : un billet pour Gamboma à 325 km au nord de Brazzaville est passé de 6.000 CFA à 15.000 CFA.

Même situation au Nigeria où le président Muhammadu Buhari a décrété l'interdiction de tout mouvement à partir de lundi soir pendant au moins 14 jours dans les Etats de Lagos et Abuja qui enregistrent la grande majorité de la centaine de contaminations officiels - 135 cas et 2 décès.

Partout la question est posée : comment faire appliquer ces mesures extrêmes dans les quartiers populaires des pays touchés par le Convid-19 ? Et quelles solutions apporter aux habitants des grands villes ? A Lagos, des marchés de proximité ont été annoncés dans ces quartiers ainsi que la distribution de vivres à 200.000 foyers jugés particulièrement vulnérables.

En Afrique du Sud, des violences policières ont été condamnées par la ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula et 3.000 militaires déployés pour faire respecter un confinement total dans le pays qui compte le plus grand nombre déclaré de contaminations au coronavirus. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a aussi annoncé le déploiement de 10.000 personnes chargées de repérer les personnes qui présentent les symptômes de la maladie. « Les personnes qui ont des symptômes seront envoyées dans des cliniques » pour être testées, a-t-il expliqué.

Après le Nigeria, l'Afrique du Sud, la Tunisie et le Rwanda dans l'application radicale du confinement, l'Ouganda est également entré en confinement mardi matin, le président Yoweri Museveni ayant décrété la veille un arrêt immédiat de toute circulation de véhicules et un couvre-feu nocturne.

Entre confinement, état d’urgence et couvre-feu
Lundi, le continent comptait encore quelques pays officiellement épargnés - Burundi, Sao Tomé et Principe, Malawi, Lesotho, Comores. Mais le coronavirus poursuit sa progression. La Tanzanie, la Côte d’Ivoire ont déploré mardi leur premier décès, rejoint par la Sierra Leone, jusqu'alors officiellement épargnée.

L'apparition du coronavirus est une préoccupation particulière dans ce pays où la fièvre Ebola avait fait presque 4.000 morts entre 2014 et 2016. Avant même ce premier cas, le gouvernement avait fait boucler les frontières terrestres, supprimer les vols internationaux et fermer les écoles. Le Soudan du Sud a lui aussi annoncé le diagnostic d'un premier cas.

D'un pays à l'autre du continent les restrictions varient. Le Kenya, le Sénégal et la Côte d'Ivoire ont opté pour des mesures moins strictes, état d'urgence et couvre-feu. Au Zimbabwe, les 16 millions d’habitants sont sommés depuis lundi de rester chez eux pendant trois semaines pour tenter d'endiguer l'épidémie de Covid-19. Selon le dernier bilan officiel, le virus a contaminé huit personnes, dont une est décédée. Mais faute d'accès à l'eau potable à domicile, de nombreux habitants de la capitale n'ont d'autre choix que d'aller s'approvisionner à des puits de quartier.

La Mauritanie a déclaré son premier mort du coronavirus. Après ce décès, la Mauritanie a officiellement déclaré six cas de contamination, dont deux guéris. Elle a instauré un couvre-feu nocturne, isolé les villes de Nouakchott et Kaédi (sud) où les cas de coronavirus ont été dépistés et fermé la circulation entre les treize régions.

La progression du virus reste plus lente en Afrique que dans le reste du monde mais les experts ont à plusieurs reprises mis en garde contre la vulnérabilité de l'Afrique déjà confrontée à de nombreux conflits, à des systèmes sanitaires fragiles, des hôpitaux en manque d’équipements et des quartiers populaires à très forte densité de population.

 

Pour freiner la propagation de la pandémie, plus de 3,6 milliards de personnes, soit 46,5% de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.

Bénédicte de Capèle d'après AFP

Légendes et crédits photo : 

Comme ici à Lagos, le Nigeria est désormais en confinement (Pierre FAVENNEC / AFP)

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