Coronavirus : l’Opep pourrait réduire sa production

Jeudi 5 Mars 2020 - 13:15

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L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires se réunissent du 5 au 6 mars à Vienne, en Autriche, pour voir s’il faut réduire leur production en vue de soutenir les cours du brut à la baisse depuis le début du coronavirus.

En effet, les prix du pétrole se repliaient fortement depuis janvier, pénalisés par l’avancée de l’épidémie de pneumonie virale hors de Chine et ses potentielles conséquences sur la demande mondiale en or noir, dans un marché déjà excédentaire.

La crise provoquée par cette épidémie a déstabilisé le marché du pétrole. Alors que l’offre est toujours pléthorique, la demande s’effondre. Le prix du Brent a plongé de plus de 20%. Pour soutenir les cours, l’Opep et la Russie pourraient réduire leur production d’un million de barils par jour.

Les deux cours de référence, le Brent de la mer du Nord pour l’Europe et le WTI pour les États-Unis, ont perdu près de 30 % depuis le début de l’année. Le Brent dépasse à peine les cinquante dollars. L’or noir subit de plein fouet les effets du Covid-19 et le ralentissement de l’activité économique mondiale.

La Chine, à elle seule, consomme plus de 10 % de la production mondiale d’or noir. Et depuis le début de l’épidémie, les importations chinoises de brut sont en chute libre. Elles seraient passées de onze millions de barils par jour à sept millions courant février. D’autres pays asiatiques, comme la Corée, le Japon ou bien encore l’Inde, enregistrent une baisse de leur demande.

L’Opep est obligé de réduire son offre pour enrayer la baisse des cours de l’or noir. En décembre 2019, les treize membres de l’organisation et leurs alliés se sont mis d’accord pour réduire leur production de cinq cent mille barils par jour. Cela s’ajoute au 1,2 million de barils déjà retirés du circuit depuis un an.

Ces efforts, sûrement, ont fait rebondir les cours du brut en début janvier. Mais l’épidémie de coronavirus les a fait repartir à la baisse. Au cours de la réunion de Vienne, l’on se demande si l’Opep et ses alliés, dont la Russie, vont de nouveau se mettre d’accord pour réduire les quotas. De leur côté, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe envisagent une nouvelle baisse de production d’un million de barils par jour, pour stabiliser les cours du brut.

S’agissant de la Russie, non membre de l’Opep, le président Vladimir Poutine estime, pour sa part, que « les cours actuels du brut sont acceptables pour le budget de la Russie ». Mais il n’a pas exclu « une action pour rééquilibrer l'offre » face à la baisse de la demande mondiale.

Le sommet de l’Opep a lieu seulement trois mois après le précédent (contre le double habituellement). Mais face à l’épidémie de Covid-19 qui fait vaciller l’économie mondiale, il fallait accélérer l’agenda.

Yvette Reine Nzaba

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