Coronavirus : plus de 40 millions de personnes menacées par la famine en Afrique de l’Ouest

Jeudi 7 Mai 2020 - 16:39

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« La crise du coronavirus conjuguée à l’insécurité fragilise une situation alimentaire déjà très précaire en Afrique de l’Ouest », prévient le Programme alimentaire mondial (PAM).

« Le Covid-19 menace de devenir un ingrédient supplémentaire dans le cocktail toxique des conflits armés, des déplacements de population et du changement climatique qui a déjà entraîné une augmentation des taux de faim et de malnutrition en Afrique de l’Ouest », a déclaré Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM lors d’une conférence de presse virtuelle. Le nombre de personnes qui devraient avoir du mal à se nourrir dans l’ouest de l’Afrique pourrait atteindre 43 millions dans les six prochains mois, en raison des effets du coronavirus, ce qui doublerait le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire.

Selon une analyse sur la sécurité alimentaire, le PAM avait déjà estimé que « sans une aide soutenue, plus de vingt et un millions de personnes auront du mal à se nourrir pendant la prochaine période de soudure (juin-août) dans cette région. Nombre d’entre eux sont non seulement affamés ou mal nourris, mais ils ont également été déracinés de leur foyer en raison des conflits, de la violence et de l’insécurité. « Nous devons maintenir notre aide à ces personnes dans toute la région, en particulier dans des endroits tels que le Sahel central, la République centrafricaine, le Nigéria et le Cameroun », a ajouté Elisabeth Byrs.

Les populations pauvres des villes sont les plus menacées

Les partenaires s’unissent pour lutter contre le Covid-19 dans la région, mais le PAM estime que cela ne doit pas se faire au détriment de domaines tels que la prévention de la malnutrition. « Les personnes souffrant de malnutrition, y compris les enfants et les mères qui allaitent pourraient courir un risque plus élevé si elles étaient infectées », a mis en garde la porte-parole du PAM. Cela pourrait amplifier, a-t-il poursuivi, « le défi que représente la gestion du Covid-19 dans une région où l’on estime que 12 millions d’enfants âgés de six mois à cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë pendant la période de soudure, contre 8,2 millions à la même période l’an dernier ».

Par ailleurs, la fermeture d’écoles en Afrique occidentale et centrale a touché dix-huit millions d’élèves soutenus par les programmes nationaux d’alimentation scolaire menés par le gouvernement et 2,2 millions d’élèves dans les écoles soutenues par le PAM. « La fermeture des écoles ajoute encore à la détresse de certaines familles par rapport à la nourriture et à la nutrition de leurs enfants », a expliqué la porte-parole du PAM.

Des alternatives sont donc recherchées.  Ainsi, au Niger, les stocks de repas scolaires disponibles qui étaient prévus pour la période d’avril à juin ont été reconditionnés et distribués sous forme de rations à emporter.  De plus, les populations précaires des villes qui vivent au jour le jour sont les plus menacées. Elles dépendent des marchés pour leur alimentation, avec peu de possibilités de stocker et d’économiser de la nourriture ou de l’argent. Elles n’ont guère accès à des régimes alimentaires diversifiés et nutritifs ou à des soins de santé et « vivent dans des conditions d’insalubrité et de promiscuité ».  En ville comme dans certaines zones rurales, malgré les efforts des Etats, les populations ont des difficultés d’accès aux marchés alimentaires ou de la disponibilité de certaines denrées de base, conséquences des confinements ou couvre-feux mis en place, de la fermeture des frontières et de l’insécurité dans certaines zones.

Yvette Reine Nzaba

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