Covid-19 : la BEAC alerte sur un nouveau risque de dévaluation du franc CFA

Mercredi 6 Mai 2020 - 13:18

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La propagation du coronavirus dans la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cémac) fait encore peser un nouveau risque de dévaluation de la monnaie commune, le franc CFA.  C’est du moins ce qu’il ressort des récentes réunions de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).

Avec la rapide progression du coronavirus ayant entraîné la baisse ou même l’arrêt des activités, les pays de la Cémac sont exposés à une grande récession qui pourrait aboutir à une dévaluation de la monnaie commune, le francs CFA. « Si les pays de la Cémac ne luttent pas efficacement contre la pandémie du Covid-19 pour en limiter les conséquences économiques et financières, la situation macroéconomique deviendrait insoutenable », a prévenu la BEAC qui affirme que cela engendrerait « un fort recul des réserves autour de de mois d’importations des biens et services, voir en deçà ».

Selon l’Agence ecofin, les projections sont unanimes, la pandémie du Covid-19 devrait avoir des conséquences économiques et financières néfastes. « Dans son scénario pessimiste (propagation rapide et de grande ampleur de la crise avec, entre autres, pour effet de faire baisser le cours moyen du baril de pétrole à 20 dollars en 2020), de plus en plus plausible, la banque centrale prévoit une récession de l’économie de la Cémac. Celle-ci sera de l’ordre de -4,9 avec notamment une chute du PIB pétrolier à -15%, contre un taux de croissance de 2% en 2019 ; une dégradation des déficits budgétaires et courant respectivement à 6,6 et 8,6, contre 0,2 % et 1,5 % l’année précédente », explique cette agence.

On se souvient qu’à la suite de la baisse drastique des prix du pétrole (principal produit d’exportation de la Cémac) intervenue dès 2014, les réserves extérieures de la communauté sont tombées à moins de deux mois d’importations, faisant craindre une dévaluation du franc CFA. Pour éviter ce scénario, considéré comme catastrophe, les pays ont opté, en fin 2016 lors d’un sommet extraordinaire à Yaoundé, pour un ajustement budgétaire sous l’assistance du Fonds monétaire international.

A l’heure actuelle, la BEAC indique qu’une telle évolution se traduirait par « une réelle menace pour la stabilité extérieure de la monnaie », soulignant ainsi le fait qu’en l’absence d’ajustement budgétaire et de mobilisation conséquents des financements extérieurs, la BEAC serait de nouveau soumise aux mêmes risques sur la parité de sa monnaie qu’en fin 2016.  D’où « l’urgence d’une action concertée, rapide et solidaire » et une réponse communautaire qui peine à prendre corps.

Yvette Reine Nzaba

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