Covid 19 - L'Afrique de l'Est se préoccupe de ses transporteurs routiers

Mercredi 13 Mai 2020 - 16:49

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Chaque jour, des centaines de poids-lourds partent des principaux ports d'Afrique de l'Est au Kenya et en Tanzanie pour livrer leur marchandise dans toute la région, alimentant les craintes que les chauffeurs-routiers ne deviennent des vecteurs du Covid-19.

Tout au long de leurs périples de centaines de kilomètres, depuis les ports kényan de Mombasa ou tanzanien de Dar es Salaam, vers l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo (RDC), Les chauffeurs-routiers se côtoient aux douanes, aux contrôles de pesage de leur camion, dans les bars.

Tandis que la plupart des pays de la région ont restreint les déplacements pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, les routiers font partie des rares à pouvoir circuler et livrer leurs marchandises, souvent des vivres, à l'ensemble de la région. Mais des tests réalisés aux frontières ont révélé un nombre de cas élevé parmi eux et mis en lumière les risques de les voir propager le virus. Le Rwanda observe ainsi depuis trois semaines une augmentation de cas parmi les routiers et leurs assistants, sans préciser leur nombre exact. Ailleurs, au Kenya, en RDC ou au Soudan du Sud, des conducteurs de camions ont été testés positifs.

Le président ougandais, Yoweri Museveni, a d'ailleurs récemment estimé qu'ils constituaient une source d'inquiétude pour l'Ouganda et sa région.

L'Ouganda, qui a recensé au total 122 cas de nouveau coronavirus, a mené des milliers de tests sur les chauffeurs-routiers, dont 51, essentiellement des Kényans et des Tanzaniens, se sont révélés positifs au Covid-19. Mais le président Museveni a estimé qu'interdire l'accès des camions serait suicidaire pour le pays enclavé qui, comme certains de ses voisins, ne peut compter que sur la route pour l'import-export de marchandises à des prix compétitifs.

La pandémie a ainsi conduit à l'adoption d'une panoplie de mesures aux frontières de la sous-région qui affectent sensiblement le trafic des marchandises provoquant parfois des files d'attentes de plusieurs jours pour les routiers. Le Kenya pour sa part impose désormais aux chauffeurs-routiers traversant ses frontières de passer un test toutes les deux semaines et d'en avoir la preuve.

REPERES

En Afrique du Sud, la lutte contre la pandémie de coronavirus a tourné au règlement de comptes politique dans le pays, où le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), accuse l'opposition d'être "complice" de la propagation du Covid-19 dans le sud du pays. La province du Cap-Oriental (sud-est), gérée par l'ANC, reproche à celle du Cap-Occidental (sud), dirigée par l'Alliance démocratique (DA), de laisser délibérément entrer des personnes sur son territoire en violation des règles de confinement en vigueur. Les deux régions frontalières concentrent à elles seules plus de 80% des cas de Covid-19 en Afrique du Sud, où plus de 11.000 cas d'infections ont été rapportés.

L'Union européenne a appelé mercredi ses membres à rouvrir leurs frontières intérieures pour faciliter le tourisme, en dépit de la poursuite de la pandémie de nouveau coronavirus, qui a fait plus de 292.000 morts sur la planète, avec des bilans qui repartent à la hausse dans plusieurs pays et qui semblent nettement sous-estimés dans d'autres. La Commission européenne cherche à empêcher un naufrage du secteur touristique, crucial pour l'économie de l'UE puisqu'il représente 10% de son PIB et 12% des emplois, bien plus encore dans certains pays du sud de l'Europe, comme l'Italie et l'Espagne, déjà très endeuillés par le coronavirus.

En Chine, les applications de pistage du Covid-19 sont désormais omniprésentes. Dans ce pays, les autorités collectent déjà les données personnelles et dans leur majorité les Chinois ne semblent pas s'opposer à ce système. Les applications conçues par le gouvernement se basent sur les données de géolocalisation fournies par les opérateurs et scrute les déplacements des 14 jours précédents notamment si la personne s’est rendue dans une zone à risque ou a croisé un malade du Covid-19. Une foule d'applications similaires utilisent d'autres sources d'information : billets de train, d'avion, contrôles d'identité aux points d'accès à la capitale ou tests de dépistage. Point commun des applications : après téléchargement, l'utilisateur tape son nom, son numéro d'identité, de téléphone et parfois sa photo. Le programme émet alors un "code de santé" vert (aucun problème), jaune (obligation de se placer en quarantaine à domicile) ou rouge (quarantaine dans un hôtel fermé, prévu à cet effet).

Julia Ndeko avec AFP

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