Covid 19. Le déconfinement engagé avec prudence dans certains pays

Lundi 4 Mai 2020 - 15:57

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L'Europe a franchi lundi une nouvelle étape dans le déconfinement de ses populations mais la plus grande prudence reste de mise tandis qu’une course est engagée pour trouver un vaccin.

Un vaccin d'ici à la fin de l'année ? En pleine campagne électorale, Donald Trump a voulu faire souffler un vent d'optimisme quant à une fin possible de la pandémie qui paralyse l'économie planétaire. "Nous pensons que nous aurons un vaccin d'ici la fin de cette année", a affirmé le président américain dimanche soir à Fox News. Des propos qui ont été aussitôt relativisés par de nombreux scientifiques qui considèrent que la découverte d’un vaccin peut prendre des années.

En tout cas, toute la communauté scientifique mondiale est engagée dans une course contre la montre. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seule la découverte d'un vaccin ou d'un remède permettra de mettre fin à la pandémie qui affecte l'intégralité de la planète au prix d'une récession sans précédent. Une centaine de projets de vaccins ont été lancés à travers le monde, dont une dizaine en phase d'essais cliniques, selon des données diffusées par la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

Dans l'espoir de hâter le processus, l'Union européenne a invité lundi à Bruxelles à une conférence mondiale de donateurs pour la recherche, avec le soutien des principaux dirigeants européens. Organisatrice de cette conférence en ligne, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, espère réunir 7,5 milliards d'euros. D'ici la découverte d'un tel vaccin, le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale restent de mise.

L'heure du déconfinement se poursuit avec prudence
 
Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé avec près de 70.000 décès, les deux tiers des 50 Etats ont commencé à lever ou sont sur le point de lever leurs mesures de confinement, afin de relancer l'économie. Son président a dit tabler sur jusqu'à 100.000 morts au total dans son pays. Sans confinement, ce chiffre aurait pu être de plus de 2,2 millions de personnes, a-t-il souligné.

C'est avec d'infinies précautions qu'une quinzaine d'Etats européens ont à leur tour entrepris lundi d'alléger les mesures de confinement imposées depuis de longues semaines à leurs habitants. A commencer par l'Italie, pays le plus frappé du continent avec près de 29.000 morts, où les habitants sont désormais autorisés à sortir, selon des schémas variant selon les régions. Mais l'urgence n'est pas terminée, a martelé la ministre de l'Intérieur, Luciana Lamorgese. Seule la responsabilité de la population pourra empêcher une deuxième vague estiment les observateurs.

Du Portugal à la Serbie, de nombreux autres pays ont allégé lundi leurs mesures de confinement, l'Autriche, pionnière en la matière, se risquant même à une rentrée scolaire partielle, de même que certains Länder allemands. Les terrasses des cafés et des restaurants ont pu rouvrir en Slovénie et en Hongrie, excepté dans la capitale Budapest. En Pologne, des hôtels, des centres commerciaux, des bibliothèques et certains musées également.

Hors d'Europe, le Nigeria, la Tunisie ou le Liban ont aussi levé lundi certaines restrictions. Mais en Algérie, de nombreux commerces, rouverts la semaine dernière, ont dû fermer à nouveau dans plusieurs régions, dont Alger, en raison du non respect des règles d’hygiène et de la distanciation sociale.

Au Japon, le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé lundi la prolongation dans tout le pays jusqu'au 31 mai de l'état d'urgence, le gouvernement jugeant prématuré de le lever face à la progression de l'épidémie de coronavirus, la décrue du nombre de personnes infectées n'étant pas suffisante. Shinzo Abe avait introduit l'état d'urgence à Tokyo et dans six autres régions le 7 avril puis l'avait étendu à tout l'archipel nippon. Il devait prendre fin mercredi.

La pandémie a fait au moins 245.576 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, dont plus de 143.000 en Europe. L'impact économique de la pandémie n'épargne aucun pays.

 

FAITS MARQUANTS

En Europe, il va falloir gérer les attentes des populations tout au long de l'abandon progressif des mesures de restrictions, a recommandé lundi la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, Andrea Ammon, devant une commission du Parlement européen. « C'est un marathon, pas un sprint… Les attentes des gens à propos de la pandémie, de sa durée, des effets qu'elle continuera d'avoir sur leurs vies dans un futur proche, tout cela doit être géré, a-t-elle prévenu ajoutant : Cela ne va pas s'arrêter de si tôt et les gens doivent se préparer mentalement à cela". L'Europe a enregistré plus de 1,360 million de cas de Covid-19 à la date du 3 mai, et décompté près de 140.000 morts.

250 soignants sud-africains ont commencé lundi au Cap à tester les éventuels effets protecteurs contre le Covid-19 du BCG, vaccin utilisé depuis plus d'un siècle pour se protéger de la tuberculose. Ce test est conduit à l'hôpital Tygerberg. Certaines observations suggèrent que le BCG aurait des effets sur le système immunitaire notamment qu'il le renforcerait contre les infections respiratoires. Des études ont montré que les enfants immunisés par le BCG souffraient moins de maladies respiratoires. D'autres travaux suggèrent qu'il pourrait protéger de l'asthme et des maladies auto-immunes comme le diabète de type 1. Des études cliniques équivalentes à celle du Cap sont actuellement conduites aux Pays-Bas, en Australie et en France pour démontrer un éventuel effet bouclier du BCG. Leurs résultats n'ont pas encore été publiés.

Au Nigeria, le nouveau coronavirus serait la cause de la plupart des dizaines de morts mystérieuses enregistrées depuis plusieurs semaines dans l'Etat de Kano, le deuxième Etat le plus peuplé du Nigeria, ont annoncé les autorités dimanche soir. "Selon les premiers résultats de l'enquête, la plupart des morts enregistrés dernièrement sont dus au coronavirus", a déclaré Nasiru Sani Gwarzo, à la tête de l'équipe médicale spécialisée Covid-19 pour Kano. "Bien que les décès aient été attribués initialement à d'autres maladies, nous pouvons dire désormais que la cause principale de l'explosion de morts à Kano est due au coronavirus", a-t-il indiqué, sans toutefois donner de chiffres exacts.

Les filières noix de cajou et coton de Côte d'Ivoire vont perdre en 2020 l'équivalent de 500 millions de dollars (455 millions d'euros) de recettes d'exportations à cause du coronavirus. La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de noix de cajou (appelé aussi anacarde) et le troisième producteur africain de coton. Sur le marché international, les offres en direction de la Côte d'Ivoire étaient de 1.400 dollars la tonne de noix de cajou. Les mêmes contrats négociés ont chuté à l'apparition de la pandémie pour se situer à 900 dollars soit un gap de 500 dollars, sur 600.000 tonnes de produits à exporter vers le Vietnam et l'Inde. La perte serait de plus de 300 millions de dollars.

Le groupe Glencore a annoncé la reprise de l'activité de ses mines de cuivres en Zambie pendant trois mois mais confirmé son intention de les fermer définitivement ensuite en raison de la baisse des cours et de la pandémie de coronavirus. Le géant minier avait mis en sommeil début avril les deux sites zambiens de sa filiale locale Mopani Copper Mines mettant en péril des milliers d'emplois. "Mopani Copper Mines PLC va reprendre ses opérations et annonce que ses sites seront ensuite mis en sommeil au bout de quatre-vingt-dix jours", a expliqué Glencore dans un communiqué publié dimanche soir. Selon le Syndicat des mineurs de Zambie (MUZ), la décision de Glencore menace 11.000 emplois dans le pays. Basé en Suisse, le géant minier a fait savoir la semaine dernière qu'il envisageait des coupes de 1 à 1,5 milliard de dollars dans ses dépenses d'investissement en 2020 à cause des perturbations causées à ses activités par le Covid-19.

 

Julia Ndeko avec AFP

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