Covid-19 : les dépenses mondiales représentent plus de onze mille milliards de dollars

Lundi 26 Octobre 2020 - 15:30

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Les pouvoirs publics ont pris des mesures budgétaires exceptionnelles qui ont totalisé 11 700 milliards de dollars américains au 11 septembre 2020, selon le moniteur des finances publiques du Fonds monétaire international (FMI). Il s'agit des dépenses et des pertes de recettes à la suite de la réduction d’impôts et du soutien à la liquidité.

L’action budgétaire d’envergure des pouvoirs publics a permis de sauver des vies et d’atténuer les retombées de la crise sanitaire sur l’activité économique. Pour le FMI, la riposte « musclée » des États a eu des répercussions néfastes sur les finances publiques. A cela, l’institution financière internationale ajoute également la perte profonde des recettes à la suite de la contraction de la production. Au cours de cette année, il faut s’attendre à l’envol quasi historique des déficits publics et de la dette publique mondiale, prévient l’institution de Bretton Woods. Toutefois, les experts sont plus optimistes pour 2021, une année de « rebond solide » de l’activité économique et des taux d’intérêt « stables » dans plusieurs pays touchés en dehors de la Chine et des États-Unis d’Amérique. Au cours de cette période, les pouvoirs publics devront s’attaquer à la montée de la pauvreté, au chômage et aux inégalités pour stimuler la reprise économique.

Au niveau des leçons, la pandémie a révélé d’abord au monde les grandes différences dans la capacité de chaque pays à financer ses dépenses d’urgence pour la protection de la population. En effet, chaque pays a agi en fonction de son espace budgétaire et de son niveau d’endettement. Il y a eu, pour les pays avancés et émergeants, des apports de liquidités et autres achats d’actifs massifs par les banques centrales. Cependant, pour d’autres pays moins avantagés, les aides publiques n’étaient tout juste pas à la hauteur de la virulence de la crise. Selon le FMI, entre 100 et 110 millions de personnes devraient vraisemblablement basculer dans l’extrême pauvreté. Cette situation risque bien de mettre un terme à des décennies d’efforts pour faire reculer la pauvreté dans le monde. Dans une telle perspective, une amélioration de l’assistance sociale pour venir en aide directement aux pauvres et amortir la récession ne devrait avoir qu’un impact fort modeste. Néanmoins, seulement 80 à 90 millions de personnes tomberaient alors dans la pauvreté, un chiffre toujours élevé.

Aujourd’hui, le FMI invite les États à réévaluer les avantages, les coûts et les risques de mesure de soutien du fait de leur espace budgétaire respectif. Dans ce moniteur des finances publiques, l’on découvre aussi que les politiques publiques qui ont permis d’endiguer rapidement la propagation de la maladie ont aussi favorisé une réouverture plus précoce, un rétablissement de la confiance et une reprise économique. Dans cette bataille contre un virus mortel, les transferts monétaires ciblés ont été d’un apport incommensurable pour les populations les plus démunies.  

Dans la phase de reprise économique, des injections de capitaux vont s’avérer indispensables pour éviter la faillite des entreprises stratégiques durement touchées. A cet effet, le FMI préconise une feuille de route des mesures budgétaires prioritaires pour gérer les différentes phases de la pandémie. Les efforts devront se concentrer sur la mise au point d’un vaccin ou d’un traitement à un prix abordable, la stratégie nationale pour faire face à la crise sanitaire, la politique budgétaire pour stimuler la reprise, etc. A la fin de la pandémie, les pouvoirs publics devront avoir initié des politiques efficaces de reprise économique. Après avoir fait face à l’urgence sanitaire et mis des moyens de secours à la disposition des populations, les prochaines étapes devront être forcément la préparation des économies à une réouverture sans danger et réussie, l’élaboration des mesures de création des emplois et la stimulation de l’activité économique.   

Laurent Essolomwa

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