CPI : Bemba reste en prison

Lundi 21 Mars 2016 - 16:54

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La peine ou la sentence fera l’objet d'une autre audience. Mais déjà à ce stade, sa défense ou lui-même peut faire appel contre ce verdict.

La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu, le 21 mars, l’ancien vice-président et sénateur congolais Jean-Pierre Bemba, coupable de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique entre 2002 et 2003. « Il est coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre », a annoncé la juge Sylvia Steiner.

A l’annoncé de cette décision, la juge Sylvia Steiner, a précisé que la durée de sa peine sera rendue ultérieurement.

Selon cette sentence rendue par la Chambre de première instance III, Jean-Pierre Bemba « agissait de fait en tant que commandant militaire et avait le contrôle effectif de ses troupes en Centrafrique pendant toute la durée de l'opération ».

Alors qu’une grande partie de l’opinion, dont des Congolais attendait sa libération, il vient d’être donc reconnu, à en croire la juge Steiner, coupable, en tant qu’autorité hiérarchique de ses troupes qui étaient envoyées en opération en Centrafrique.

Les juges se pencheront très bientôt notamment sur certains autres détails dont la fixation des modalités sur l’exécution des réparations au profit des victimes.

Il est rappelé que Jean-Pierre Bemba, l’ex-chef de l’Alliance pour la libération du Congo (ALC) -devenue Mouvement de libération du Congo (MLC)- est le premier chef de guerre jugé pleinement responsable des crimes de ses troupes par la CPI. Cette décision de la CPI à l’encontre de Jean-Pierre Bemba vient de tomber après près de huit ans de procédure devant cette cour.

La responsabilité de Jean-Pierre Bemba

Tout en qualifiant d’« injustifiée » la demande de requalification des faits par la défense, les juges de la CPI ont considéré que « Jean-Pierre Bemba savait que [ses] troupes commettaient ou allaient commettre [ces] crimes ». Pour la CPI, en effet, ces « multiples crimes » commis par les troupes du MLC contre les civils en Centrafrique « constituaient une ligne de conduite », et « non des actes isolés ». Dans son verdict, la juge a soutenu que le « mode opératoire » des soldats de Jean-Pierre Bemba consistait « dès le départ » à « prendre des civils pour des cibles afin de se dédommager de l’insuffisance des soldes et/ou de punir » des personnes soupçonnées d’être de connivence avec les rebelles centrafricains de François Bozizé.

Selon des sources, l’ancien vice-président et sénateur congolais, qui a déjà passé près de 8 ans en détention, risque jusqu’à 30 ans de prison.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photos: Jean-Pierre Bemba.

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