Crash de l'Antonov 72 : une enquête en cours pour établir les responsabilités

Samedi 12 Octobre 2019 - 16:15

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Des investigations ont commencé pour déterminer les causes de l'accident de l'avion des Forces armées de la République démocratique du Congo, affrété  par la présidence de la République pour le transport de la logistique du chef de l'Etat pendant son déplacement dans la parti est du pays. En attendant, cette catastrophe vient de jeter à nouveau le froid entre le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dont les militants ont manifesté, le 10 octobre, non sans lancer des pics à l’autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC), tout en accréditant la thèse d’un complot dont serait l’objet l’actuel chef de l’Etat. Ils en appellent même à la fin de la coalition qu’ils jugent contre-productive pour leur leader, Félix Tshisekedi.   

   

 

La coalition au pouvoir FCC-Cach traverse de nouveau une mauvaise passe. Le crash jeudi dernier du cargo Antonov 72 assurant le transport de la logistique présidentielle est le prétexte trouvé par les deux plates-formes via leurs jeunesses respectives pour ranimer la polémique et déterrer la hache de guerre. Dès l’annonce de cette nouvelle, le quartier général de l’UDPS était en ébullition. A l'émotion suscitée par cette information qui s’est répandue comme une trainée de poudre, s’en est suivie une forte mobilisation des militants du parti présidentiel. Ces derniers ont investi le boulevard Lumumba, sur le tronçon compris entre la 7e et la 16e rue, perturbant le trafic au grand dam des usagers.

Une information mal relayée dans l’opinion a laissé entendre que le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, était la principale cible de ce qui est déjà considéré à Limete comme un attentat manqué. Les principaux encadreurs de la jeunesse de l’UDPS ont exacerbé la tension en confirmant cette thèse, ce qui a poussé les militants du parti aux extrêmes. « Ils cherchent la tête du président. Ils ne l’auront pas », n’arrêtaient de claironner les manifestants dont les rangs grossissaient au fil de temps. Pour d’autres, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le FCC et son autorité morale sont derrière ce qui, à leurs yeux, passe pour un coup fourré. Un groupe des jeunes extrémistes était même prêt à aller saccager le siège du PPRD, parti de l’ex-président de la République, en guise de représailles avant d’en être dissuadés par la police. Entre-temps, des pneus ont été brûlés sur la chaussée. Un bus de la société New Transkin, en provenance du centre-ville pour Tshangu, a été caillassé. La circulation est restée paralysée pendant plusieurs heures. La police a dû recourir aux gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.    

Dans les rangs du PPRD,  il est dit que de telles affirmations qui touchent à la dignité de son autorité morale ne peuvent pas être tolérées. Cette dernière, entend-on dire, n’est concernée ni de près ni de loin par ce qui s’est passé. La Nouvelle génération pour l’émergence du Congo (Nogec), une association proche du FCC, a pris le dossier à son compte. Elle vient d’initier une plainte auprès du procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa-Matete contre Fils Mukoko, un des responsables de la jeunesse de l’UDPS. D’après le site Election-Net qui a livré cette information, le président de Nogec, Constant Mutamba, accuse ce jeune cadre de l’UDPS d’avoir porté des « allégations » graves qualifiées d’imputations dommageables à l’endroit de l’autorité morale du FCC. « Il est grave de faire de telles déclarations tendant à saper la personne de notre autorité morale », a tempêté Constant Mutamba qui exige à ce que l’incriminé puisse répondre de ses actes devant les juridictions compétentes.

Notons que ce n’est pas la première fois qu’il s’observe une tension entre les deux principales forces politiques de la coalition FCC-Cach. Les partisans de l’UDPS et ceux du PPRD, dans un passé récent, ont failli en venir aux mains à la suite d'un débat survenu à l'Assemblée nationale au cours duquel les députés du FCC avaient remis en cause la régularité de deux ordonnances de Félix Tshisekedi nommant des responsables de deux entreprises publiques. La goutte d’eau qui avait débordé le vase furent les propos discourtois d’un député ayant traité l’attitude du chef d’Etat d’inconsciente. Ce qui a entraîné une levée de boucliers à l’UDPS avant que le député incriminé ne fasse amende honorable.                 

Alain Diasso

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