Crise centrafricaine: l’impasse politique continue

Jeudi 21 Août 2014 - 20:00

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Le 10 aout dernier, à la surprise générale, la présidente de transition, Catherine Samba-Panza nommait son proche conseiller Mahamat Kamoun au poste de Premier ministre. Jusqu’aujourd’hui, la Centrafrique est sans une équipe gouvernementale parce que la désignation de ce nouveau chef du gouvernement ne fait pas l’unanimité dans le pays.

Devant cette impasse, la présidente de transition qui est en quête d’un soutien diplomatique s’est rendue ce mercredi 20 août en Angola pour une visite officielle de 24h. Elle a été reçue par son homologue angolais José Eduardo dos Santos.

Catherine Samba-Panza est sous pression de la communauté internationale, suite à la nomination de Mahamat Kamoun à ce niveau de responsabilité. La nomination de ce financier, de confession musulmane, est boudée aussi bien au sein des parties signataires de l’accord de cessation des hostilités de Brazzaville qu’au niveau de la classe politique et de la société civile.

Selon Georges Chikoti, ministre angolais des Affaires étrangères, la présidente Catherine Samba-Panza doit trouver une solution consensuelle. « Nous sommes un pays qui veut aider la Centrafrique pour qu'elle retrouve la paix. Bien entendu, nous voulons également que les centrafricains prennent les meilleures options, les meilleurs choix pour nommer les meilleurs dirigeants qui sauront consolider la stabilité », a-t-il dit, en ajoutant que «s’il y a des contestations, cela nous préoccupe et nous voulons que ce soient les Centrafricains eux mêmes qui trouvent une solution à leurs problèmes».

À cet effet, le président du parlement provisoire de Centrafrique, Alexandre Ferdinand Nguendet, a demandé, le 19 août, à Brazzaville de surseoir à la mise en place d’un nouveau gouvernement dans son pays. Il a justifié cela au fait que le choix de Mahamat Kamoun ne fait pas l'unanimité. «La concertation, c’est ce qui a manqué dans la désignation du Premier ministre; c’est ce qui a posé problème au niveau des institutions et des entités importantes qui ont signé les accords de Brazzaville», a déclaré Alexandre Nguedet. Il s’exprimait ainsi à l’issue d’un entretien de deux heures avec le président congolais Denis Sassou N’Guesso, médiateur dans la crise centrafricaine, qui avait convoqué les différents acteurs de la crise en vue d’accélérer la formation d’un gouvernement plus représentatif.

Afin de trouver le chemin du compromis, Alexandre Nguendet a expliqué qu’il était « urgent que toutes les institutions et toutes les entités se retrouvent pour qu’on se parle. (…) S’il faut faire des sacrifices pour que le peuple centrafricain puisse avoir la sérénité, il faut le faire. Le temps passe certes, mais le principe de la transition c’est la concertation».

Une dizaine de personnalités représentant le Cnt, l’ex-Séléka, les anti-balaka, les partis politiques et la société civile ont fait le déplacement dans la capitale congolaise, où ils doivent discuter séparément avec le médiateur, selon le protocole de la présidence du Congo.

À Bangui, c’est le regain de tension. Dans le quartier du kilomètre 5, les jeunes laissent éclater leur colère dans la nuit de mardi et toute la journée du mercredi 20 à une patrouille de désarmement qui a mal tourné. La croix rouge centrafricaine fait état d’au moins cinq personnes tuées et d’une trentaine de blessés.

Selon un officiel des forces internationales, il s’agit d'un accrochage entre l'Eufor-RCA et un groupe d'autodéfense musulman dans le 3e arrondissement, quartier Camp des Castors.

 

 

 

 

 

Nestor N'Gampoula Fiacre Kombo