Crise en Méditerranée orientale : les Occidentaux continuent d’accentuer la pression sur la Turquie

Mardi 27 Octobre 2020 - 11:30

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Depuis la réexpédition par Ankara de son navire d’exploration dans les eaux maritimes de cette partie disputée pour rechercher du gaz naturel, les tensions sont ravivées, non seulement avec la Grèce et Chypre, mais aussi avec certains de ses alliés européens et les Etats-Unis. Les pays concernés exhortent les dirigeants turcs à cesser leurs « provocations » en Méditerranée, mais ces derniers prolongent la mission du bateau, faisant fi des appels de l’Occident à le retirer.

Estimant que les questions de délimitation maritime ne peuvent être réglées que de manière pacifique et conformément au droit international, l’Otan, l’Union européenne (UE), Washington, Berlin et Paris pressent la Turquie pour qu’elle mette un terme à son attitude qui constitue une « menace directe à la paix ».

« Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition », prévient la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, précisant que des sanctions économiques déjà élaborées sont prêtes à être « utilisées immédiatement » contre le gouvernement turc.

De leur côté, les Etats-Unis insistent sur le retrait du bateau contesté. « Nous exigeons que la Turquie cesse cette provocation délibérée et entame immédiatement des pourparlers » avec d’autres parties, déclare la porte-parole du département d’Etat américain, Morgan Ortagus.

Au sujet de la même préoccupation, la France réclame que « la Turquie mette fin à ses aventures dangereuses en Méditerranée ». Quant à l’Allemagne qui assure la présidence tournante de l’UE, elle estime que si la crise en Méditerranée orientale perdure, c’est qu’Ankara ne veut pas revenir sur ses ambitions décriées.

« S’il devait effectivement y avoir de nouvelles explorations du gaz turc dans les zones maritimes les plus controversées de la Méditerranée orientale, ce serait un revers majeur pour les efforts de désescalade », souligne le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

La fenêtre de dialogue reste ouverte

« Ankara doit mettre fin au cycle de la détente et de la provocation si le gouvernement est intéressé par des pourparlers - comme il l’a assuré à plusieurs reprises », insiste le chef de la diplomatie allemande qui a séjourné en Grèce et à Chypre pour évoquer ces tensions. Berlin demande encore à la Turquie « que la fenêtre de dialogue qui vient de s’ouvrir avec la Grèce ne se referme pas, en raison de mesures unilatérales ».

Malgré ces rappels à l’ordre, dont celui du récent sommet de l’UE qui menaçait Ankara de sanctions, s’il ne mettait pas un terme aux activités d’explorations énergétiques dans des eaux revendiquées par Chypre et la Grèce, les autorités turques continuent de faire la sourde oreille. Pourtant à l’occasion, le Conseil européen appelait clairement la Turquie « à s’abstenir d’actions unilatérales qui vont à l’encontre des intérêts de l’Union européenne et violent le droit international et les droits souverains des États membres de l’Union ».

Athènes, Nicosie et Ankara connaissent de fortes tensions diplomatiques et militaires depuis le déploiement par la Turquie, du 10 août à la mi-septembre, d’un bateau d’exploration sismique, escorté de navires de guerre, pour procéder à des études au large d’îles grecques, dans une zone potentiellement riche en gaz naturel.

Fin septembre, ces voisins, sous pression internationale, avaient finalement accepté d’entamer des « pourparlers exploratoires » sur leurs différends méditerranéens, ouvrant la voie à une phase de détente. Mais la marine turque prolonge ses activités dans la région, déclenchant la colère de certains pays occidentaux.

 

 

 

 

 

Nestor N'Gampoula

Légendes et crédits photo : 

Des dirigeants européens à Bruxelles

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