Crypto-monnaies : une réaction bien tardive de la Banque centrale du Congo

Mardi 13 Novembre 2018 - 18:30

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Dans son dernier communiqué du 9 novembre, l’Autorité de régulation et de contrôle du secteur financier a mis en garde contre la présence des structures non agréées, dénommées World cryptocurrency exchange incorporated, Standard capital et Rathe investissement group, qui collectent illégalement l’épargne du public.

 

 

Le phénomène est signalé dans plusieurs entreprises du pays depuis deux ans déjà et l’anonymat des donneurs d’ordre ainsi que des bénéficiaires a contribué largement à sa fulgurante croissance dans les milieux des salariés. A présent, la Banque centrale du Congo (BCC) vient d’interdire officiellement les opérations de crypto-monnaie avec des structures qu'elle n'a pas agréées. « Les promoteurs desdites opérations illégales doivent les arrêter et procéder, sans délai, au remboursement des dépôts collectés », a-t-elle lancé. Par conséquent, elle a invité les autorités judiciaires à faire respecter les lois de la République dans toute leur rigueur afin de protéger la population vulnérable contre ces pratiques qui entraînent la paupérisation.

L’enjeu est de taille si l’on en juge par l’ampleur du phénomène et le nombre vertigineux des salariés qui ont été tentés par la grande aventure de fructifier leurs gains en seulement une vingtaine de jours. « Ces sociétés proposent des taux d’intérêt très élevés de 4 à 8 % par jour et des marges exorbitantes après vingt jours de souscriptions », prévient la BCC. Kinshasa n’est pas la seule grande ville du pays gagnée par la fièvre des crypto-monnaies contre l’épargne de la population. « Des structures telles que World Cryptocurrency International, Standard Capital et Rathe Investissement Group opèrent en RDC au travers des représentants, notamment à Bukavu, Goma et Kinshasa », a averti la BCC.         

Pour nombre d’experts, le fait même d’opérer dans l’anonymat aurait dû interpeller la population qui a vécu les phénomènes « Bindo promotion », « Nguma », « Dutch international » et « Panier de la ménagère » de triste mémoire. Ces opérations dites de « pyramides financières » ont connu des fins tragiques dans le pays.

Par ailleurs, la BCC a cité des raisons de ne pas exposer ses avoirs dans ce genre de combines opaques. Outre leur non-implantation sur le territoire national, contrairement aux dispositions légales en vigueur dans le pays, il y a aussi leur liberté d’action très étendue à cause tout simplement de l’absence de tout moyen de contrôle. « Ces structures opèrent sur la base d’un protocole informatique reposant sur une technologie cryptographique et décentralisée », a souligné la BCC.

Le fait de préserver l’anonymat sur l’identité des donneurs d’ordre et des bénéficiaires ne peut non plus être pris à la légère. « Ces opérations comportent des risques élevés de cybercriminalité et de blanchiment des capitaux », a signifié la Banque. Enfin, le contexte congolais n’est pas encore prêt à adopter les crypto-actifs. Le bon sens voudrait que ces structures s’adressent à des investisseurs avertis. La BCC rappelle à l’opinion nationale qu’aucune entreprise autre qu’un établissement de crédit ou institution de micro-finance agréé par elle ne peut recevoir du public des fonds à vue, à terme ou à préavis. A bon entendeur, salut !

Laurent Essolomwa

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